Huit nouveaux témoignages ont été apportés contre le prêtre Yves Grosjean, faisant grimper à treize le nombre de victimes officiellement identifiées. En détention provisoire depuis mai dernier, sa demande de remise en liberté a été rejetée ce mercredi par la cour d'appel de Dijon.
"La reconnaissance en tant que victime prend du temps. Certaines sont encore dans le déni ou souffrent d'amnésie traumatique", soulignait Me Nadia Debbache, avocate représentant les victimes, lors de l'audience. Alors que plusieurs plaintes avaient déjà été déposées, ces nouveaux témoignages relancent une enquête sensible qui ne cesse de soulever des questions.
Treize victimes identifiées
Les faits allégués par ces victimes remontent jusqu'à la fin des années 1980. Me Debbache rappelait que "Yves Grosjean n'était alors même pas prêtre". En raison de la tentative apparente de dissimuler des éléments importants, l'avocate s'inquiète de la capacité à identifier toutes les victimes dans ce dossier complexe.
Lorsque l'on l'a interrogé sur des agressions sexuelles, Grosjean a répondu : "Je n’en ai pas le souvenir, mais c’est quelque chose qui est plausible". Cette réponse a provoqué un agacement chez l'avocat général, qui a ajouté : "M. Grosjean, vous avez des trous de mémoire ? Nous allons l'aider à retrouver la mémoire". Des récits troublants ont été partagés durant cette audience, où une victime a confié : "On dormait dans son lit et il nous pratiquait des fellations, parfois jusqu'à l’éjaculation".
Remise en liberté de nouveau rejetée
Déjà en détention depuis mai, Yves Grosjean a essuyé un nouveau refus de remise en liberté. Son avocat, Me Nicolas Bensa, a exprimé sa désapprobation en affirmant qu'il s'agissait d'une "paranoïa" entourant sa situation en tant que prêtre, plaidant que si l'accusé avait été une personne lambda, sa demande aurait été acceptée.
Grosjean est placé à l'isolement au sein de la maison d'arrêt de Bourges, où il se dit "angoissé" par son état de santé et critique un suivi psychologique trop rare. "Je me sens frustré car l'administration pénitentiaire ne permet de voir un psy qu’une fois par mois... Aujourd'hui, grâce au psychologue, je prends conscience que c'était une agression", a-t-il déclaré, révélant qu'il a lui-même été victime dans son enfance.







