Le financement des retraites en France repose sur deux grands systèmes : la répartition et les points. Ces deux approches, bien que similaires dans leur concept de transfert immédiat des ressources des actifs vers les retraités, impliquent des modalités distinctes.
Le gouvernement français a mis en avant la réforme des retraites, avec pour objectif d'établir un système unifié. Ce dernier garantirait que chaque euro de cotisation génère les mêmes droits, quel que soit le statut de l'assuré ou la période de cotisation.
Dans cette optique, un système de retraite par points pourrait remplacer l'actuel système par répartition. Mais quels en seraient les différences et les implications pour les salariés ?
La retraite par répartition : solidarité intergénérationnelle
Le régime de retraite en vigueur en France présente une diversité de composantes, comprenant un régime général pour les salariés, un régime dédié à la fonction publique et plusieurs régimes spéciaux (SNCF, RATP, etc.). Tous ces systèmes reposent sur le modèle de la répartition, qui assure le versement immédiat des pensions financées par les cotisations des actifs. Institué après la Seconde Guerre mondiale par les ordonnances de 1945, ce modèle est basé sur le principe de solidarité entre les générations.
Les fondamentaux du système de retraite par répartition se détaillent comme suit :
- Obligation de cotiser : Chaque travailleur contribue au système, avec des cotisations prélevées sur le salaire brut.
- Solidarité intergénérationnelle : Les actifs financent les pensions des retraités.
- Prise en compte des contributions : Le montant des retraites est lié aux cotisations versées durant la vie professionnelle, avec un minimum requis en nombre de trimestres validés.
La pension est calculée selon les 25 meilleures années de salaire pour les salariés du secteur privé.
La retraite par points : un système individualisé
Avec la retraite par points, le calcul des pensions repose sur les points accumulés au cours de la carrière, et non sur les trimestres cotisés. La quantité de points dépend des revenus perçus, et chaque salarié peut partir à la retraite dès qu'il a acquis un nombre suffisant de points et atteint l'âge légal.
Les points ont une valeur de liquidation, fixée par les régimes de retraite, et lors du départ à la retraite, le total des points est multiplié par cette valeur pour déterminer la pension annuelle brute.
Le système de retraite par points est déjà en place pour certaines retraites complémentaires (Agirc, Arrco) et s'applique également à des catégories comme les travailleurs indépendants.
Notons qu'un certain crédit de points est accordé automatiquement aux non-actifs, tels que les chômeurs ou en congé maladie.
Remarque : Il est essentiel de ne pas confondre la retraite par points avec la capitalisation, qui repose sur l’épargne personnelle des actifs pour leur future retraite.
Vers une réforme : quel impact pour les salariés ?
La réforme en cours semble privilégier un système de retraite par points optionnel, inspiré de modèles scandinaves. Chaque actif disposerait d'un "compte virtuel" où ses cotisations seraient cumulées, transformées en un "coefficient de conversion" au moment de la retraite, tenant compte de l'espérance de vie.
Ce système propose une individualisation des retraites, facilitant les transitions entre différents statuts professionnels et évitant de désavantager les actifs ayant des périodes d'inactivité. De plus, il simplifie les calculs des pensions entre divers statuts.
Cependant, un inconvénient majeur demeure : la pension future n'est pas garantie, car elle dépend de la valeur du point et du coefficient de conversion. Ce développement pourrait encourager des départs plus tardifs, car bien des aspects du calcul de la pension varieront selon l’âge de départ. Plus un salarié attend pour partir à la retraite, plus sa pension pourrait être élevée, favorisant ceux ayant commencé à travailler plus jeune.







