Dans son rapport publié le 1ᵉʳ avril, Greenpeace a établi que, depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les compagnies pétrolières en Europe engrangent plus de 80 millions d'euros de "surprofits" par jour. Ce chiffre alarmant découle d'une forte hausse des prix des carburants sur le marché, en particulier pour le diesel, malgré la volatilité des prix du pétrole brut.
Pour quantifier ces surprofits, l’étude analyse l’écart entre le coût du pétrole brut et le prix à la pompe entre janvier-février et mars 2026. Les résultats montrent une augmentation significative des marges, illustrant ainsi que la hausse des prix à la pompe dépasse largement celle des prix du brut.
Greenpeace a déclaré dans son communiqué : "L’augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut".
Les marges bénéficiaires sont particulièrement élevées pour le diesel, représentant un gain quotidien de 75,3 millions d'euros, contre 6,1 millions d'euros pour l'essence.
En France, presque 12 millions d’euros de surprofits par jour
La France se classe parmi les pays les plus touchés, avec environ 11,6 millions d'euros de surprofits par jour, se situant juste derrière l'Allemagne, où ces profits atteignent 23,8 millions d'euros par jour. Bien que les marges sur l’essence aient légèrement baissé dans l'Hexagone, Greenpeace France fait appel à une taxation permanente des profits des grandes compagnies pétrolières et gazières, dont les recettes serviraient à alléger les factures d'énergie des consommateurs et à soutenir l'indépendance énergétique de l'Europe.
La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février avec l'offensive des États-Unis et d'Israël sur l’Iran, a provoqué une flambée des cours du pétrole. Les exportations de brut des pays du Golfe sont désormais entravées, notamment à cause de l’état de guerre au sein du détroit d'Ormuz et des attaques sur les infrastructures énergétiques.
À la lumière de ces éléments, la semaine dernière a vu le prix du litre de gazole atteindre des niveaux historiques, le plus élevé depuis que le gouvernement a commencé à enregistrer ces données en 1985, dépassant même les prix atteints juste après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, comme l'indiquent les statistiques gouvernementales.







