Ce mercredi 8 avril, les ambulanciers privés de Bourgogne-Franche-Comté se sont mobilisés à l'appel de la chambre nationale des services d'ambulances (CNSA) pour dénoncer la détérioration de leur profession, aggravée par des tarifs de prise en charge des urgences non revalorisés depuis 2018. Thomas Damien, vice-président de la CNSA, souligne une augmentation de 33% des défaillances d'entreprises comparé à début 2023, pointant du doigt les difficultés financières grandissantes de ce secteur vital.
Les ambulanciers interviennent régulièrement pour des missions pré-hospitalières à la demande du Samu ou du centre 15, un soutien crucial dans les zones rurales de la région. Cependant, comme l'explique Damien, ces interventions sont mal rémunérées. "Nous sommes actuellement payés 64 euros de l'heure pour des missions qui, selon un cabinet de conseil, devraient être valorisées à 87 euros. Cela signifie que nous devons compenser la différence", déclare-t-il, mettant en lumière la précarité croissante de la profession.
Un cortège de 23 ambulances en Saône-et-Loire, entre Chalon et Mâcon
Ce rassemblement a été organisé en toute responsabilité. En Saône-et-Loire, un cortège de 23 ambulances a été prévu, parcourant la route entre Chalon-sur-Saône et Mâcon, avec une première halte devant l'hôpital William-Morey pour distribuer des tracts aux patients et expliquer leurs revendications. La mobilisation culminera à 14 heures devant la CPAM, la Caisse primaire d'assurance maladie.
Bien que ce mouvement soit important, les bénévoles de la santé assurent vouloir préserver la prise en charge des urgences. "Nous ne souhaitons pas mettre les patients en situation délicate. Cependant, un nombre limité de sorties hospitalières sera légèrement retardé pour alerter nos responsables", précise Thomas Damien, insistant sur le rôle critique des ambulanciers dans le système de soins. "Nous ne pouvons pas être la variable d'ajustement d'un système de santé déjà fragile".







