TotalEnergies : quand la gauche réclame une taxe sur les superprofits

Les bénéfices de TotalEnergies soulèvent un tollé à gauche, le gouvernement reste en retrait.
TotalEnergies : quand la gauche réclame une taxe sur les superprofits
©Lou BENOIST, AFP - Le logo de TotalEnergies à la raffinerie de Gronfreville-l'Orcher, près du Havre, le 23 avril 2026 en Seine-Maritime

Les récents bénéfices colossaux de TotalEnergies, alimentés par les tensions au Moyen-Orient, relancent un débat important au sein de la sphère politique française. Face à des résultats qui dépassent les attentes, des voix s'élèvent à gauche pour réclamer une taxe spécifique sur ces superprofits, tandis que le gouvernement affiche une position plus prudente, préférant attendre une discussion plus large sur la question.

Mercredi, la compagnie pétrolière a rapporté un bénéfice de 5,8 milliards de dollars pour le premier trimestre, soit une augmentation de 51 % par rapport à l'an passé. Un dividende d'5,9 % a également été distribué aux actionnaires. Des résultats qui suscitent l'indignation, notamment au Parti socialiste, qui a proposé une loi de taxation sur les entreprises réalisant des bénéfices supérieurs à 750 millions d'euros, avec une taxation oscillant entre 20 et 40% sur les excédents.

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a souligné sur RTL que les superprofits devraient être calculés sur la base des trois dernières années, estimant qu'une telle taxe pourrait rapporter environ deux milliards d'euros. Il a également souligné que, bien que TotalEnergies affirme que la majorité de ses bénéfices proviennent de l'étranger, la taxation devrait s'appliquer aux résultats mondiaux de l'entreprise.

Le sentiment d'indécence est palpable, a commenté Faure, alors que des millions de personnes souffrent actuellement du contexte de guerre. D'autres voix de gauche, comme ceux de La France insoumise, ont qualifié ces bénéfices de profits indécents, tandis qu'Eva Sas, députée écologiste, a également déposé une proposition similaire.

Du côté du gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que ce sujet serait à l'ordre du jour pour l'an prochain, arguant qu'une telle mesure ne peut pas être mise en place à la hâte. Il a aussi salué l'initiative de TotalEnergies de maintenir des prix plafonnés pour l'essence et le diesel, une démarche qui apaise la colère des consommateurs.

En revanche, le Rassemblement National ne reste pas en retrait et soutient la taxation des superprofits, bien que ses dirigeants expriment des opinions divergentes sur son urgence. Marine Le Pen a été catégorique, qualifiant cette taxation de mesure de justice sociale impérieuse, tandis que Jordan Bardella s'est montré plus réservé, avouant que d'autres priorités pourraient prévaloir.

Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement a aussi annoncé des aides directes pour trois millions de travailleurs modestes, notamment dans le secteur de la santé et des transports. Sébastien Lecornu a rassuré en précisant que le coût de ces aides serait largement compensé par des recettes fiscales supplémentaires engendrées par l'augmentation des prix.

Dans l'immédiat, avec un contexte budgétaire tendu, aucune taxation spécifique sur les grandes compagnies pétrolières comme TotalEnergies n'est envisagée. Cependant, la possibilité d'une taxation au niveau européen pourrait être discutée dans le futur. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a rappelé que la présence d'une entreprise pétrolière nationale est un atout pour la souveraineté du pays, tout en indiquant qu'aucun profit indécent ne devrait être réalisé sur le dos des crises traversées par la population.

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