Le 30 avril, l'Iran rend hommage à la reprise de l'île d'Ormuz par les forces safavides du chah Abbas Ier en 1622, une date marquant la fin d'un siècle d'emprise portugaise. Cette journée, instaurée en 2005, attise les tensions géopolitiques liées à la dénomination de cette région stratégique du golfe Persique.
La commémoration, célébrée le 10e jour d'Ordibehesht, coïncide cette année avec le 30 avril. Les cérémonies, largement concentrées dans les villes côtières et les centres culturels, permettent au régime iranien de mettre en avant une image d'unité nationale teintée d'un fort sentiment patriotique.
Cette journée célèbre la victoire décisive des forces du chah Abbas Ier, soutenues par la Compagnie britannique des Indes orientales, sur les Portugais, qui contrôlaient alors plusieurs positions stratégiques. Cet évènement a mis fin à près de deux décennies de conflits et à un siècle de domination étrangère sur cette route commerciale incontournable.
La victoire sur le Portugal a également eu des répercussions durables, marquant un changement dans la dynamique du pouvoir maritime dans la région. Comme le souligne l'historien Mohammad Javad Zarif, ancien ministre des Affaires étrangères, "l'importance du détroit d'Ormuz ne se limite pas à son histoire : il est un axe central pour le transit de près de 20 % du pétrole mondial, un enjeu clé dans les rivalités actuelles".
Revendications frontalières et tensions régionales
Cependant, cette célébration n'est pas exempte de controverses. Instituée en 2005 par le Conseil suprême de la révolution culturelle, elle s'inscrit dans un climat tendu avec plusieurs nations de la Ligue arabe, certaines contestant le terme de « golfe Persique » au profit de « golfe Arabique ». Ce bras de fer sémantique reflète, à une plus grande échelle, les revendications frontalières qui divisent les pays de la région, en particulier en ce qui concerne les ressources pétrolières.
Bien que certaines organisations, telles que les Nations unies, continuent d'utiliser la référence à « golfe Persique », le débat reste vif. Aujourd'hui, le détroit d'Ormuz demeure un point crucial de la géopolitique mondiale, et les tensions qui entourent cette célébration mettent en lumière les enjeux contemporains face à l'accentuation des rivalités entre les États-Unis, Israël, et l'Iran.







