L’Académie des arts et des sciences du cinéma aux États-Unis a décidé, le 1er mai, de mettre en place de nouvelles réglementations visant à limiter l'usage de l'intelligence artificielle dans les catégories d'acteurs et de scénarios pour les Oscars 2027. Désormais, seule la performance humaine sera prise en compte, excluant ainsi les acteurs générés par IA tels que Tilly Norwood.
Les organisateurs des Oscars ont clairement expliqué que la sélection des œuvres devra se baser uniquement sur des créations humaines. L'interdiction de l'IA vise à répondre aux préoccupations croissantes de l'industrie cinématographique ; les professionnels craignent que cette technologie ne remplace les artistes pour réduire les coûts.
Ce changement est une avancée significative dans le débat autour de l'impact de l'IA dans le secteur, après la grève des scénaristes de 2023, qui a duré près de cinq mois, et qui avait déjà posé des questions sur la place de la technologie dans le métier de scénariste.
L'exemple Tilly Norwood
L'arrivée d'une "actrice" créée par IA, Tilly Norwood, a intensifié les craintes des artistes. Son producteur affirmait que des grandes figures des studios étaient intriguées par l'idée, ce qui a provoqué une réponse forte du syndicat des acteurs SAG-AFTRA. Les nouvelles règles, établies par l'Académie, précisent que même si les cinéastes peuvent utiliser des outils d'IA, un personnage synthétique comme Tilly Norwood ne pourra pas concourir pour un Oscar.
En effet, pour qu'une œuvre soit éligible, il est crucial que les scénarios soient "écrits par des humains". L'Académie pourrait même demander des informations complémentaires pour s'assurer de l'humanité des créations, une démarche qui vise à maintenir l'intégrité du cinéma.
Et en France ?
Du côté de l'Hexagone, la lutte contre l’IA prend également de l'ampleur. En février dernier, à quelques jours de la 51e cérémonie des Césars, 4 000 artistes, dont Franck Dubosc et Gérard Jugnot, ont interpellé le public sur les dangers que représente l'IA pour leur profession.
Dans une tribune publiée sur le site du Parisien, ils parlent de "pillage en règle", dénonçant l'utilisation des voix et des images générées par l'IA. Selon eux, l'IA représente une double menace, à la fois comme outil et comme opportunité. "Nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l'arrivée de l’intelligence artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes", écrivent les signataires, soulignant la nécessité d'un débat urgent et approfondi sur l'avenir de leur profession.







