Lucas Le Bell, cofondateur et directeur général de Cerbair, ne mâche pas ses mots : les drones représentent un véritable bouleversement dans la manière de mener les conflits. L'entreprise, qui se spécialise dans la neutralisation de drones, bénéficie directement de l'augmentation des budgets militaires, notamment suite à l'actualisation de la loi de programmation militaire votée récemment.
Cette « robotisation » du champ de bataille modifie les dynamiques, avec des coûts de production de drones massifs tombant à environ 200 dollars. Comme l'indique Lucas Le Bell sur BFM Business, "aujourd'hui, le coût pour tuer un soldat ennemi est estimé à 1.000 dollars par l'Ukraine, c'est dramatique".
Les enjeux sont clairs : qu’il s’agisse du conflit en Ukraine ou de la sécurité des établissements sensibles en France, la demande pour la lutte anti-drones monte en flèche. Cerbair a d'ailleurs été désignée par le gouvernement pour contrer les livraisons par drones dans les prisons.
Un chiffre d'affaires qui explose
Pour contrer ces appareils, Cerbair mise sur la perturbation des communications radiofréquences, leur point faible. "Pour faire fonctionner un drone, il faut lui envoyer des données de vol. Ces communications, qui voyagent à la vitesse de la lumière, peuvent être interceptées", explique Le Bell. Grâce à cette interférence électromagnétique, il est possible de repousser les drones, les contraignant à atterrir ou à tomber. Mais peut-on en prendre le contrôle pour les utiliser contre l'ennemi ? "Pour le moment, c'est trop complexe pour les drones militaires", note-t-il.
Face à l'augmentation des incursions de drones en Europe, les députés ont récemment ouvert la voie au recours à des opérateurs privés pour la lutte anti-drones, une décision jugée "pragmatique" par Lucas Le Bell. En effet, selon lui, les forces de police et les armées se retrouvent débordées par cette menace omniprésente. Cerbair a donc décidé d'accélérer son développement. "D'ici 2026, nous avons déjà doublé notre chiffre d'affaires par rapport à tout 2025", se réjouit-il.
La Direction Générale de l'Armement appelle à une gestion adaptée et efficace de cette menace. Récemment, plusieurs solutions low-cost ont été élaborées par l'armée française pour améliorer sa lutte contre ces drones, tirant les leçons des conflits récents au Moyen-Orient.







