Un élevage illégal d'animaux domestiques révélé en Yonne : trois femmes devant la justice

Des conditions inacceptables pour des animaux dans un élevage illégal en Yonne.
Un élevage illégal d'animaux domestiques révélé en Yonne : trois femmes devant la justice
tribunal judiciaire © Radio France - Renaud Candelier

Une mère et ses deux filles, résidentes à Piffonds, ont comparu jeudi devant le tribunal de Sens pour des accusations d'élevage illégal d'animaux de compagnie. Suite à une enquête menée par les gendarmes, 38 chiens, 12 chats et 45 oiseaux ont été saisis après que les autorités ont observé de graves manquements aux normes de bien-être animal.

La principale mise en cause, une femme de 52 ans, vit avec sa mère de 79 ans et sa sœur de 55 ans. Aucune d'entre elles n'était autorisée à exercer une activité d'élevage, ce qui soulève de nombreuses questions sur leurs pratiques. Récemment, une enquête de la Direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) a révélé que des chiens de grande taille, comme des retrievers et des labradors, étaient entassés dans des cages d’un mètre carré. Dans ces conditions, certains animaux n'avaient même pas accès à de l'eau, et la situation était aggravée par la présence de déchets et d’une odeur insupportable à l’intérieur du domicile.

À la suite de la saisie des animaux, deux vétérinaires ont établi un diagnostic alarmant : la majorité des chiens étaient infestés de vers, tandis que d'autres souffraient d'otites, de tumeurs, et d'un mauvais état général. « Cela peut être dangereux pour les chiots », a alerté l'une des vétérinaires. Des oiseaux déplumés ont également été observés, témoignant de conditions de vie inacceptables.

Sur le banc des accusés, la prévenue a nié toute maltraitance, déclarant qu'il était possible pour les chiens de se mouvoir dans leur cage. « Ils peuvent bouger, dormir et jouer, » a-t-elle affirmé. Cependant, le tribunal a mis en évidence que la loi exige un minimum de cinq mètres carrés par chien, ce qui implique que les animaux étaient indéniablement en situation de détresse. Des témoins et des experts, notamment de l’association 30 Millions d'Amis, ont confirmé que la gestion de l'élevage laissait à désirer.

La prévenue a aussi signalé avoir dépensé jusqu'à 12.000 euros en soins vétérinaires, mais l'avocate des parties civiles a fait remarquer que l'élevage n'était pas déclaré, permettant d'échapper aux contrôles réglementaires. La procureure a exprimé son indignation : « Il est inacceptable qu'elles aient des animaux à l'avenir. »

Dans ses conclusions, le parquet a requis une interdiction de détenir des animaux pendant cinq ans, ainsi que des peines de prison avec sursis et des amendes. Le tribunal a pris la décision sous délibéré, illustrant une fois de plus la lutte pour le bien-être animal en France.

Lire aussi

Un élevage illégal d'animaux domestiques révélé en Yonne : trois femmes devant la justice
Trois femmes sont accusées d'élevage illégal d'animaux en Yonne, après la saisie de 38 chiens, 12 chats, et 45 oiseaux dans des conditions déplorables.
13h36
Un couple de Besançon interpellé après avoir simulé un accident mortel
À Besançon, un couple est soupçonné d'avoir simulé un accident de piéton. Leurs actes pourraient leur coûter jusqu'à sept ans de prison.
20 mai
Saisie record de drogue sur l’A6 : deux chauffeurs bulgares condamnés à Dijon
Deux chauffeurs bulgares condamnés à Dijon après la saisie de plus de 160 kilos de drogue sur l’A6. Découvrez les détails de cette affaire incroyable.
20 mai
Les coulisses d'enlèvements liés aux cryptomonnaies : une enquête troublante
Découvrez comment les réseaux criminels exploitent les cryptomonnaies pour orchestrer des enlèvements en France. Une enquête révélatrice sur les méthodes employées.
20 mai
Beaune : une tragédie dans une salle de sport
Un homme de 37 ans trouve la mort dans une salle de sport à Beaune. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes exactes de ce tragique incident.
20 mai
« J’ai été prise de panique » : femme condamnée pour avoir tué un lynx
Une femme de 62 ans a été condamnée à 30 000 euros d’amende pour avoir tué un lynx, espèce protégée, entraînant un débat sur la conservation de la faune en France.
20 mai