Les marchés boursiers mondiaux affichent une tendance à la baisse ce mercredi, troublés par les tensions croissantes au Moyen-Orient et l'absence d'un accord rapide pour mettre fin au conflit. Les inquiétudes concernant la hausse des prix du pétrole et l'augmentation des craintes liées à l'inflation et à la croissance n'ont fait qu'empirer la situation.
À Wall Street, les principaux indices prennent un moment de répit après une série de records impressionnants. À 15H45 GMT, le Dow Jones accusait une perte de 0,87%, tandis que le Nasdaq, riche en technologies, reculait de 0,79% et l'indice élargi S&P 500 de 0,55%.
Cependant, malgré cette tendance générale, certaines valeurs se distinguent. Par exemple, l'action de Marvell, spécialisée dans les semi-conducteurs, a vu son prix grimper de 5,72%, suite à des éloges du CEO de Nvidia, Jensen Huang, qui a qualifié Marvell de partenaire essentiel pour le développement des centres de données. L’action de Marvell a bondi de plus de 32% en une journée.
Xavier Girard, responsable du conseil expert chez Milleis Banque Privée, souligne que "le marché reste très porté sur la tech". Il précise que la dynamique actuelle n'est pas totalement linéaire, évoquant une "séance de consolidation" mais rassurant que cela ne change pas la tendance générale favorable aux technologies.
En Europe, la situation est similaire. La Bourse de Paris a terminé en recul de 0,71%, tandis que le Dax de Francfort a chuté de 1,31% et Milan de 1,07%. Même le marché londonien a subi une légère baisse de 0,40%, bien qu'il ait enregistré une activité soutenue dans les valeurs pétrolières telles que BP (+1,83%) et Shell (+1,70%).
Patrick Munnelly de Tickmill Group explique que cette résistance n'est pas le résultat d'une panique, mais d'une séance marquée par l'aversion au risque. "Les prix du pétrole ont fortement augmenté, et les inquiétudes face à l'inflation redeviennent pressantes. Les marchés intègrent également la possibilité que le conflit autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz évolue vers un choc macroéconomique plus durable et nuisible", résume-t-il.
Les indices européens se trouvent sous pression, notamment à cause de nouvelles frappes iraniennes dans le Golfe. Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, déclare : "Les marchés sont impactés par l'augmentation des hostilités dans la région". Récemment, des drones iraniens ont frappé l'aéroport du Koweït, causant un mort et plus d'une soixantaine de blessés.
- Les prix du pétrole continuent de grimper -
Les tarifs du pétrole poursuivent leur ascension, pour la troisième journée consécutive, post-attaque au Koweït. À 15H45 GMT, le Brent, référence mondiale, gagnait 1,42% à 97,36 dollars le baril, tandis que son équivalent américain, le WTI, augmentait de 1,60% à 95,26 dollars.
La pression sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, maintient le marché de l'énergie dans une situation tendue. Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com, rappelle que "plus les tensions autour d'Ormuz perdurent, plus le risque grandit de pénuries mondiales de pétrole".
- Hausse des taux d'intérêt -
Les tensions inflationnistes, exacerbées par la flambée des prix de l'énergie, conduisent à une hausse des taux d'intérêt des emprunts souverains. Le rendement de l'emprunt allemand à dix ans, le Bund, est monté à près de 3,04%, tandis que son équivalent français suivait à environ 3,67%. Les investisseurs américains ne sont pas en reste, avec une légère montée des rendements des obligations du Trésor, alors que des publications économiques majeures s'annoncent.
En somme, la situation économique mondiale paraît instable. Les experts s'accordent à dire que l'incertitude géopolitique et l'inflation sont des défis majeurs à surmonter pour les marchés financiers. Le climat actuel pose de nombreuses questions sur la direction que prendront les Bourses dans les semaines à venir.







