Le commandant du Tagor, un pétrolier de la flotte fantôme russe intercepté dans l'océan Atlantique par la marine française, a été placé en garde à vue ce mardi, selon le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger.
Cette mesure reste active et a été confiée à la gendarmerie maritime pour approfondir les investigations, a déclaré le magistrat dans un communiqué diffusé mercredi.
Le commandant, de nationalité russe, risque jusqu'à un an de prison et une amende de 150.000 euros pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer, en plus de la confiscation du navire. L'armateur, encore à identifier, pourrait être sancionné de manière similaire, selon les précisions du procureur.
L’ambassade de Russie en France a réclamé, via la messagerie Telegram, un accès consulaire immédiat pour le commandant et a demandé sa libération rapide, qualifiant les accusations de "sans fondement".
Lundi, le Kremlin avait déjà réagi en qualifiant l'arraisonnement du pétrolier d'opération "limitrophe de la piraterie internationale", selon le porte-parole Dmitri Peskov.
Interdit à plus de 400 milles marins (environ 740 km) de la Bretagne, le Tagor mesure 241 mètres et a été escorté mardi matin dans la baie de Douarnenez, où il sera retenu le temps de l'enquête.
Le navire, en provenance de Mourmansk en Russie, était en route vers Limbé au Cameroun lorsque la marine française a tenté de vérifier la conformité de son pavillon. Après un refus d'obtempérer du commandant, les forces militaires ont pris le contrôle du pétrolier.
"Les conditions de vie à bord ont été vérifiées" et une "visite administrative de sécurité est en cours, parallèlement aux enquêtes judiciaires", a détaillé le procureur.
Sous sanctions des États-Unis, de l'Union européenne et du Royaume-Uni, le Tagor a changé plusieurs fois de pavillon, arborant tour à tour les couleurs de Madagascar, des Îles Marshall et du Panama.
Soupçonné de transporter des hydrocarbures d'origine russe ou iranienne, le navire serait associé au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon Opensanctions.org.
Ce dernier est le fils d'Ali Shamkhani, un proche conseiller de l'ancien guide suprême iranien. Tous deux ont été tués en février, lors de l'escalade du conflit israélo-américain sur le sol iranien.
Le Tagor est le quatrième pétrolier de ce type intercepté par la France depuis septembre 2025, dans le cadre des efforts de Moscou pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole.
Récemment, en janvier, le pétrolier Grinch avait été retenu près d'un mois au terminal pétrolier du port de Marseille-Fos, pour finalement repartir après le paiement d'une amende de "plusieurs millions d'euros", comme l'avait annoncé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.







