Lors de l'événement Tech Boost'Her, Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l'Intelligence artificielle et au Numérique, a souligné l'importance stratégique de la féminisation des métiers de la tech, en réponse à une forte pénurie de talents et des inégalités persistantes dans le secteur. "L'accès des femmes aux filières scientifiques et technologiques est essentiel à notre croissance", a-t-elle déclaré ce mercredi 3 juin à Paris. Cet événement, organisé par Social Builder, France Travail et l'Apec, sous le haut patronage de l'Élysée, a pour vocation de promouvoir les métiers d'avenir auprès des femmes.
La ministre a insisté sur le fait que cette féminisation est indispensable, la qualifiant de "vital pour notre pays". "Comment parler de souveraineté numérique si je me passe de 50 % de la population française?" a-t-elle questionné. Un constat partagé par Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de l'Apec, qui a affirmé : "C'est mathématique. Les entreprises françaises de la tech et du numérique ont besoin de tous les talents pour réussir." Dans un contexte où le secteur doit combler une demande croissante — selon une étude de France Stratégie, 115 000 nouveaux postes seront à pourvoir d'ici 2030 —, chaque compétence est essentielle.
Anne Le Hénanff a évoqué également le défi crucial lié aux compétences techniques qui conditionnent la prospérité d'une nation. Avec environ 160 000 emplois non pourvus actuellement, il apparaît que presque 50 % des employeurs rencontrent des difficultés de recrutement.
Par ailleurs, rappelez-vous que la parité dans les métiers de la tech n'est pas seulement une question de justice sociale, mais un levier économique majeur. Nadine Crinier de France Travail a souligné : "Ces métiers offrent de belles perspectives de carrière et rémunérations. Ignorer cette réalité risque d'aggraver les inégalités futures."
En France, les femmes ne représentent que 23 % des emplois numériques, seulement 21 % des start-ups sont fondées par des femmes ou des équipes mixtes, et les levées de fonds par des équipes entièrement féminines sont à peine de 2 %. Malgré le fait qu'elles constituent 60 % des diplômés de master, seulement 24 % travaillent dans le numérique.
La problématique est sensitive : Emmanuelle Larroque, présidente de Social Builder, a mis en avant le stéréotype qui persiste dès le plus jeune âge. "Il faut commencer tôt à dire aux jeunes filles : 'Tu peux être technicienne dans un data center, par exemple.'" Aurore, 31 ans, consultante désireuse de se reconvertir, témoigne : "Je n'avais même pas envisagé ces métiers techniques."
Enfin, Anne Le Hénanff a également abordé la fracture de genre qui débute dès l'école primaire, où les petites filles commencent à abandonner les mathématiques. Selon ses remarques, seulement 7 % des adolescentes s'intéressent aux métiers du numérique, contre 29 % chez les garçons. Parmi les femmes adultes, seulement 25 % envisagent de travailler dans la tech.







