Récemment, une série d'incursions par des drones non identifiés a eu lieu, notamment en Pologne où l'armée a qualifié l'intrusion d'"acte d'agression". Des chasseurs de l’Otan ont dû intervenir pour abattre certains de ces appareils, engendrant des coûts élevés. En octobre, des survols ont également causé des perturbations majeures dans des aéroports majeurs tels que Copenhague et Munich, aggravant ainsi les retards et les annulations.
Face à cette menace grandissante, la Commission européenne a dévoilé un plan d'action pour renforcer la détection de ces appareils aériens, comme l'indique Euractiv. Selon Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures, "nous avons été trop lents à répondre à la menace des drones".
Une base de données commune
Les États membres sont appelés à mieux réglementer l'enregistrement des drones, avec l'objectif de créer une base de données commune pour cette identification. Actuellement, le seuil d'enregistrement obligatoire devrait être abaissé de 250 grammes à 100 grammes afin de prendre en compte les modèles légers, souvent utilisés pour échapper à la réglementation en vigueur.
En parallèle, Bruxelles met en place un label "EU Trusted Drone" pour certifier les modèles jugés sûrs. Cette initiative vise à mieux encadrer le marché des drones et réduire le risque de malveillance.
Des antennes 5G transformées
Une des innovations les plus prometteuses consiste à utiliser les réseaux 5G comme outils de détection des drones. En effet, les antennes pourraient être reconfigurées pour agir comme des capteurs radar, permettant ainsi de détecter non seulement les drones connectés, mais également ceux qui ne le sont pas, grâce à la technologie ISAC (Integrated Sensing and Communication) qui est actuellement en phase de test.
Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Sécurité, a affirmé : "Les drones malveillants doivent être rapidement identifiés, suivis et neutralisés."
Cette approche intégrée vise à garantir une meilleure surveillance des zones sensibles, telles que les infrastructures nucléaires ou militaires, tout en proposant aux États membres un cadre de réponse standardisé.
Souveraineté technologique et partenariats
Dans cette lutte anti-drones, l'UE souhaite aussi intégrer des partenariats, notamment avec l'Ukraine, afin de tirer parti de son expérience sur le terrain. La volonté d'accroître la souveraineté technologique de l’Europe est également au cœur de cette initiative, limitant ainsi la dépendance aux solutions étrangères.
Enfin, un financement de 250 millions d'euros est prévu pour soutenir le développement des systèmes anti-drones et renforcer la surveillance aux frontières extérieures de l'UE. La Commission envisage aussi d’adapter le cadre législatif pour intégrer ces nouvelles technologies dans le Digital Networks Act.
La transformation des infrastructures civiles en un réseau de détection sera essentielle pour lutter contre ces nouvelles menaces. La question demeure : cette évolution pourra-t-elle répondre à la vitesse à laquelle les menaces évoluent ?







