Les Bruxellois peuvent enfin souffler : après près de vingt mois d’immobilisme, la région de Bruxelles a réussi à former un gouvernement. Cette situation d’impasse avait paralysé toute capacité décisionnelle, mettant Bruxelles en danger de défaut de paiement. Cependant, la formation d'un gouvernement regroupant sept partis soulève des interrogations sur son efficacité future.
“Enfin”, cette exclamation s’entend dans tous les tabloïds belges. Plus d’un an et demi après les élections régionales de juin 2024, une coalition de sept partis a finalement trouvé un accord pour gouverner Bruxelles, l'une des trois régions de la Belgique. Mais l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous, tant la population et les médias ont exprimé leur frustration face à cette attente interminable.
La région était totalement figée : aucune décision, aucun nouveau projet n’étaient envisageables, laissant les associations dépendantes de subventions dans une situation précaires, et les employés municipaux s’inquiétant de leur salaire, alors que le spectre d’un défaut de paiement planait.
La création du gouvernement
Ce parcours chaotique a nécessité **613 jours** d'intenses négociations, un “conclave” final de trois jours, et des médiations à répétition. À ce sujet, L’Écho relate : “Un gouvernement pour Bruxelles, enfin.” La mission de cette nouvelle équipe ? Retrouver l’équilibre budgétaire par une série de réformes, y compris des fusions de services au sein des administrations, et la mise en place de mesures répondant aux demandes variées des partis concernés, incluant un plan de réduction de la dépendance à la voiture et des financements pour améliorer la sécurité aux abords des gares.
Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement Réformateur, a qualifié l'accord de “bon compromis qui respecte les sensibilités de chacun”. Mais comme le souligne L’Écho, “Tout le monde ? Oui, sauf les Bruxelloises et les Bruxellois qui méritaient mieux qu’une crise de 613 jours…”
Éviter les erreurs du passé
Dans un éditorial incisif, le même journal met en garde : “Après avoir gaspillé énormément de temps pour obtenir un accord, le nouvel attelage ne bénéficiera d’aucun état de grâce. L’efficacité doit être immédiate.” La coalition, qui réunit libéraux, socialistes, écologistes et chrétiens-démocrates, se doit de suivre une ligne directrice claire, en évitant la gestion à court terme et les solutions temporaires. Il sera également impératif d'aborder des sujets institutionnels délicats tels que le financement de la région-capitale et les représentations linguistiques, avertit l'éditorialiste : “pour éviter que cette pantalonnade, et cette dérive financière, ne se reproduisent.”







