La commune de Talange, située près d'Hagondange en Moselle, a décidé de porter l'affaire devant le tribunal administratif. Elle réclame 1 million d'euros d'indemnités à l'État, suite à la liquidation de l'usine Novasco, financée par des fonds publics mais qui n'a pas respecté ses engagements d'investissement. La requête, consultée le 14 février dernier, a été déposée auprès du tribunal administratif de Strasbourg.
«La commune de Talange subit un préjudice du fait de la liquidation sans poursuite d'activité de la SASU Novasco, qui a été financée de manière irrégulière par des fonds publics dont l'usage n'a par ailleurs pas été contrôlé», déclare Xavier Iochum, l'avocat de la commune, dans un courrier adressé au ministre de l'Économie, Roland Lescure.
En 2024, Greybull avait repris Novasco avec la promesse d'investir 90 millions d'euros, mais n'a injecté que 1,5 million. Tandis que l'État avait rempli son engagement d'investir 85 millions, la décision judiciaire du 17 novembre à Strasbourg a validé la cession partielle de l'entreprise à un consortium, qui conserve une seule usine à Leffrinckoucke, près de Dunkerque. Les autres sites à Saint-Étienne, Custines et Hagondange ont été fermés.
Dans sa requête, Talange souligne qu'elle est «directement marquée par cet échec industriel collectif», et affirme que «les fautes commises par l'État ont contribué à la disparition d'une unité économique essentielle pour le territoire».
En réponse, l'État français a annoncé en janvier qu'il engagerait des poursuites judiciaires contre Greybull, qu'il tient pour responsable de plus de 500 suppressions d'emplois. Des experts économiques soulignent l'importance de cet enjeu pour l'avenir industriel de la région, notamment en cas de liquidations supplémentaires dans le secteur.







