Sur la couverture de Stern, Friedrich Merz, le chancelier allemand, est figuré de manière saisissante, enchainé à une pompe à essence dans une allusion explicite à son impuissance face aux conséquences de la guerre. Le magazine écrit : “Les prix de l'énergie augmentent de manière alarmante, menaçant la croissance tant attendue. Merz a-t-il un plan ?”

Le leader conservateur a récemment choisi de ne pas engager des troupes pour sécuriser le détroit d'Ormuz, une route maritime vitale pour le transport d'hydrocarbures. Il a insistant sur le fait que ce conflit ne concernait pas l'OTAN, même si ses conséquences se font déjà sentir à travers l'Europe. En effet, le média souligne dans son analyse que l'Allemagne, en tant que grande puissance industrielle, est en première ligne.

Des témoignages concordants émergent, que ce soit dans les stations-services ou lors des discussions avec les acteurs économiques allemands : “L'inquiétude, la colère et l'angoisse” dominent l'horizon. Les échos de la guerre en Ukraine semblent encore présents dans les esprits.

“Quatre ans après que l'invasion russe a fragilisé la sécurité énergétique de l'Allemagne, la crainte d'une flambée des prix et d'une crise économique resurgit.”

Les défis pour Friedrich Merz et son coalition

La situation actuelle représente un défi “politiquement risqué” pour les conservateurs et les sociaux-démocrates, estime Stern. Alors qu'des fonds publics ont été alloués à la défense et à la mise à niveau des infrastructures, cela risque de ne pas suffire pour soutenir l'économie. De plus, plusieurs élections régionales cruciales approchent, notamment dans l'Est de l'Allemagne. Le journal de Hambourg conclut avec une observation poignante :

“Pour que Friedrich Merz réussisse à réformer le pays et à contrer la montée du populisme, la relance économique est essentielle.”

À la chancellerie, l'optimisme est de mise : les responsables estiment qu'ils pourront “surmonter cette crise, et éventuellement en sortir renforcés, comme après la crise de l'euro”. Des groupes de travail d’urgence ont été établis pour explorer de nouvelles approches énergétiques.

Cependant, selon Stern, le gouvernement semble miser sur une résolution rapide du conflit par les États-Unis, en témoigne la désespérée déclaration : “Notre espoir repose bel et bien sur Trump,” regrette le titre progressiste. “Voilà où nous en sommes.”