REPORTAGE. Sur la place Victor Hugo, devant la mairie et la basilique de Saint-Denis, une grande foule de manifestants s'est rassemblée samedi 4 avril, répondant à l'appel de Bally Bagayoko, le nouveau maire de La France Insoumise (LFI). Si le rassemblement se présentait initialement comme une mobilisation contre le racisme, il s'est rapidement transformé en une puissante démonstration politique. Les intervenants ont affirmé avec ferveur : "la nouvelle France, c'est Saint-Denis", promettant qu'elle est destinée à gagner.
"Bally Président, Bally Président !" s'écriaient certains manifestants, projetant déjà le maire au-delà de son mandat local. La gauche, enthousiaste, espère bien faire de Bally Bagayoko une figure montante sur la scène nationale. "Nous sommes des millions et nous allons gagner !", a-t-il déclaré, galvanisant la foule avec des slogans de résistance brandis au poing.
Cette nouvelle France, avec son visage "rebelle et métissé", selon les mots d'un intervenant, représente les musulmans revendiqués par Mohamed Gnabaly, maire écologiste de l'Île-Saint-Denis. Elle inclut également les immigrés, comme l'a souligné la présence remarquée du collectif Coordination 75 des Sans-Papiers, qui a ponctué la dispersion de la foule d'un cri de guerre: "Première, deuxième, troisième génération ! On s'en fout, on est chez nous !"
De nombreux drapeaux LGBT et palestiniens flottaient parmi les manifestants, une belle illustration de la convergence des luttes qui caractérise cet événement. Divers partis de gauche tels que Lutte Ouvrière, le PCF et Les Écologistes étaient également représentés, bien que la présence du Parti Socialiste y fût plutôt symbolique, et parfois malvenue.
« Se ressaisir ou dégager », LFI s'adresse au PS
Le maire de l'Île-Saint-Denis a exhorté les participants à "ne pas se diviser", mais il semble évident que toute union dépendra d'un alignement derrière La France Insoumise. Aly Diouara (LFI) n'a pas hésité à devenir incisif : "Se ressaisir ou dégager !", a-t-il lancé aux élus du Parti Socialiste, visiblement interpellés par cette provocation.
Bally Bagayoko, tout en saluant les élus de gauche présents, a souligné que certains avaient, selon lui, "créé la situation dramatique actuelle". Il a lancé un message clair au PS : "Votre présence doit vous engager à agir à nos côtés et à exprimer des excuses".
Ce qui devait être initialement une mobilisation citoyenne contre le racisme a été transformé en une opération orchestrée par Jean-Luc Mélenchon et ses partisans. La France Insoumise se pose comme "le parti de rupture", se positionnant résolument en vue des élections de 2027 : à gauche, on les suivra ou on se retrouvera sans eux.







