Ce mercredi 18 mars a été marqué par une journée de lutte pour les taxis et ambulanciers de Franche-Comté, qui se sont mobilisés pour exprimer leur désaccord face à la réduction de la rémunération par la sécurité sociale. Une opération escargot a eu lieu entre Besançon et Vesoul, avec la participation d'une centaine de véhicules, où une délégation a rencontré des représentants de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) et du sous-préfet de Haute-Saône.
À 8 h 30, une centaine de taxis et ambulanciers se sont rassemblés rue Denis Papin, à Besançon, pour entamer leur convoi. "Je vais conduire à 30 ou 40 km/h, car nous avons le temps", a déclaré Johannes Ussel, président de la fédération des taxis du Doubs, avant que l’un des membres n’interrompe pour évoquer le prix du gazole. La difficulté économique s'est intensifiée avec l'inflation des prix des carburants, exacerbée par les tensions internationales.
Les professionnels dénoncent également une réduction significative de la rémunération au kilomètre. "Dans le Doubs, nous sommes passés de 1,90 € à 1,08 €", explique Ussel. Il ajoute qu'un forfait de transport dans l'agglomération a chuté de 24 € à 13 €, et que le temps d'attente, autrefois rémunéré, n'est plus compensé.
Cette situation a des conséquences économiques subséquentes, avec des pertes de chiffre d'affaires estimées entre 20 et 40%. Plusieurs entreprises se voient contraintes de réduire leurs effectifs. Dali, un taxi de Valdahon avec 15 employés, prévoit de ne pas renouveler des postes par "prudence". "Je ne peux pas assurer financièrement", confie-t-il.
Les taxis contraints de trier les patients
Les effets de la baisse des revenus se répercutent également sur les patients, qui doivent souvent s'organiser différemment pour profiter de tarifs réduits. Mathieu Marano, président de l'union départementale des taxis du Jura, signale qu'il est désormais contraint de "trier les patients", excluant ceux nécessitant des trajets courts mal rémunérés. "C'est dramatique", déclare-t-il.
Eric, un chauffagiste bisontin, a marqué sa solidarité avec les manifestants, témoignant de l'importance des taxis : "Après un AVC, j'ai eu besoin de leurs services. Ce qu'on leur fait n'est pas juste. Ils méritent un meilleur traitement."
Une mobilisation satisfaisante pour la FDT 25
La Fédération des Taxis 25 a rapporté qu'environ 60 à 70 % des taxis étaient à l'arrêt en Franche-Comté, représentant près de 1500 professionnels. Environ 150 à 200 d'entre eux se sont réunis devant la CPAM à Vesoul.
Des discussions ont eu lieu avec le directeur de la CPAM, mais selon Johannes Ussel, peu d'avancées tangibles ont été réalisées. Néanmoins, il se déclare satisfait de la mobilisation et espère que la réunion prévue le 23 mars avec la CPAM nationale apportera des changements positifs.







