La domination de la Chine dans la transition écologique est indiscutable, comme le souligne l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans sa dernière analyse sur les chaînes de valeur. Selon leurs rapports, le monde entier dépend à une telle échelle des productions chinoises qu'il est difficile d'imaginer une transition réussie sans elle. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : entre 80 et 90 % des panneaux solaires proviennent des usines chinoises, tout comme 80 % des batteries lithium-ion nécessaires à l'automobile électrique.
En comparaison, la situation est moins concentrée dans d'autres secteurs comme le pétrole, où l'OPEP contrôle 35 % de la production mondiale. Des domaines tels que la robotique ou l'aviation commerciale sont globalement dominés par le Japon et l'Europe respectivement. Néanmoins, un secteur clé échappe à cette concentration : les semi-conducteurs, qui sont produits sur plusieurs continents.
Une dépendance alarmante
Une simulation de l'AIE d'un monde sans approvisionnement chinois révèle l'ampleur de cette dépendance. Par exemple, pour les panneaux solaires, sans la Chine, la production ne répondrait qu'à 20 % de la demande mondiale. Les wafers, essentielles à la fabrication des cellules solaires, sont presque totalement produits à Pékin.
Pareillement, dans le domaine des véhicules électriques, la Chine raffine presque la totalité du graphite utilisé. Ainsi, même si d'autres pays réussissent à produire des voitures et à extraire du lithium, leur capacité ne dépasse guère 20 % des besoins. Pour les éoliennes, l'absence des aimants de terres rares se traduirait par une couverture de seulement 25 % de la demande mondiale.
Des différences de coût significatives
Il est également crucial de considérer l'impact sur les prix. Le rapport de l'AIE met en lumière les désavantages compétitifs européens dans le domaine des technologies vertes. Par exemple, la production d'éoliennes est 30 % moins chère en Chine en raison d'un coût de travail beaucoup plus faible et des investissements plus élevés en Europe. L'écart tarifaire atteint jusqu'à 60 % pour les panneaux solaires, en grande partie en raison des coûts énergétiques exorbitants en Europe.
Ces informations révèlent que pour que l'Europe puisse espérer réduire son écart de compétitivité face à la Chine, il est impératif d'innover et d'optimiser ses chaines de production. Comme le souligne un expert du secteur, "la transition énergétique ne pourra réussir que si l'Europe investit dans ses propres capacités de production".







