Le gouvernement français a récemment dévoilé un programme d'aide de 70 millions d'euros, limité au mois d'avril, afin de soutenir les secteurs les plus affectés par la hausse des prix des carburants, notamment la pêche, l'agriculture et le transport.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, a précisé lors d'une présentation à Bercy : "Nous avons choisi d'aider les secteurs économiques, car cela se traduit par un soutien aux Français qui travaillent".
Le secteur du transport recevra une aide majeure, avec 50 millions d'euros destinés aux TPE et PME en difficulté, qui pourront bénéficier d'une compensation équivalente à 20 centimes d'euros par litre de carburant. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a souligné que cette aide vise à restaurer la trésorerie des entreprises confrontées à des difficultés économiques significatives.
Face à la montée des mécontentements, plusieurs organisations de transporteurs routiers planifient déjà des manifestations régionales, illustrant la pression croissante sur le gouvernement.
Les pêcheurs bénéficieront d'une compensation de 20 centimes par litre de gazole marin en avril, accessible via le remboursement de factures de carburant, afin de garantir la continuité de leurs activités en mer. Cette mesure coûtera environ 5 millions d'euros.
Du côté de l'agriculture, les producteurs bénéficieront d'une exonération de la taxe sur le gazole non routier utilisé dans les tracteurs, estimée à un coût de 14 millions d'euros, ce qui se traduira par une baisse de 4 centimes par litre.
Pour certains professionnels de la santé, tels que les infirmières libérales effectuant des tournées à domicile, aucune aide spécifique n'a encore été annoncée. "Nous ne fermons pas la porte pour l'avenir", a déclaré Maud Bregeon.
Pierre Leflaive, représentant du Réseau Action Climat, a déclaré : "Les mesures annoncées par le gouvernement de Sébastien Lecornu ne répondent pas à l'urgence de la situation pour ceux qui subissent les effets de notre dépendance aux énergies fossiles".
À plus long terme, le gouvernement prévoit de présenter dès la semaine prochaine son plan d'électrification de l'économie pour réduire cette dépendance, accentuée par les conflits au Moyen-Orient. "Nous devons garantir un approvisionnement énergétique stable, décarboné et accessible", a insisté Maud Bregeon.
Le but est de diminuer la dépendance de la France aux énergies fossiles importées de 60 % à 40 % d'ici 2030, en misant sur l'électrification des transports et des bâtiments.
Le Premier ministre a également évoqué des "mesures d'accompagnement" pour différents secteurs, qui seront renouvelées mensuellement tout en s'adaptant aux fluctuations de la situation géopolitique.
Par ailleurs, le gouvernement continue d'appeler à la maîtrise des finances publiques, avec un objectif de ramener le déficit public sous la barre des 5 % en 2026. Malgré la hausse des prix, aucune baisse des taxes sur les carburants n'est envisagée, ni même une réduction de la TVA, entrainant ainsi une gestion austère des aides à accorder.







