Les discussions s'intensifient à la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Yaoundé, où le Brésil tire la sonnette d'alarme. Les négociations, qui font état de l'impasse depuis dimanche, sont impactées par les objections de dernière minute de Brasilia concernant le volet e-commerce. Selon des sources diplomatiques, le pays s'oppose à tout progrès sur ce sujet en raison de l'absence de consensus sur l'agriculture, un secteur clé.
Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a exprimé sa frustration en soulignant que "l'agriculture est le secteur ayant connu le moins de progrès au sein de l'OMC en trois décennies". Il a martelé l'importance de trouver un "juste compromis" pour favoriser la reprise des discussions. L'éventualité d'un accord avait été envisagée en début de week-end, mais les attentes ont rapidement commencé à s'effriter.
Tout au long de cette 14e conférence, les 166 membres de l'OMC tentent d'établir un programme de travail sur les négociations agricoles, un sujet délicat qui suscité de vives tensions. L'objectif premier était de ratifier une déclaration qui pourrait faciliter les débuts de futures discussions au siège de l'OMC à Genève. Cependant, des désaccords continuent d'émerger, notamment avec la proposition des États-Unis de relancer ces négociations sur une nouvelle base, offre qui rencontre l'opposition de plusieurs nations en développement.
Parallèlement, les tensions géopolitiques et la montée du protectionnisme dominent l'agenda de cette réunion, essentielle pour la réforme d'une institution en crise. L'OMC doit faire face à des défis multiples, notamment la nécessité d'opérer une réforme marquée par l’obsolescence du mécanisme de règlement des différends, fortement entravé depuis 2019 à cause de blocages américains.
Dans le cadre de ces discussions, la question du e-commerce mérite également une attention particulière. D'importantes négociations se déroulent autour d'un moratoire visant à interdire les droits de douane sur l'e-commerce dématérialisé, renouvelé depuis 1998. Les États-Unis souhaitaient une reconduction permanente de cet accord, une proposition rejetée par de nombreux pays en développement, préoccupés par les pertes fiscales potentielles.
À la lumière de ces enjeux, les négociations à Yaoundé se déroulent sous une pression intense, où trouver un équilibre entre les intérêts divergents semble plus crucial que jamais. Cela pourrait définir l'avenir de l'OMC et son rôle dans la régulation du commerce international.







