Le plan gouvernemental de soutien de 70 millions d'euros, annoncé vendredi, est jugé insuffisant par Thierry Cotillard, le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché. Sur RMC/BFMTV, il a déclaré : "La méthode qui consiste à traiter le problème à la source semble appropriée, mais l'enveloppe proposée ne répond pas à nos besoins".
Ce plan se concentre sur des secteurs particulièrement touchés, comme la pêche, l'agriculture et les transports, mais est limité dans le temps, se terminant en avril.
Pour illustrer ses préoccupations, Cotillard a évoqué la situation des agriculteurs : "Certes, le plan peut aider à couvrir une part des coûts du gazole. Cependant, l'augmentation des prix des engrais, en partie due à la situation géopolitique actuelle, va grignoter leurs marges", a-t-il souligné.
Il craint aussi que la pression inflationniste sur "les premiers acteurs de la chaîne alimentaire" se répercute dans un futur proche sur les industriels. "Ces derniers pourraient dire aux grandes surfaces comme Intermarché, Carrefour ou Leclerc qu'ils ne peuvent plus maintenir les prix actuels".
Les négociations sur les prix entre industriels et distributeurs, qui se sont tenues jusqu'au 1er mars, ont été perturbées par l'augmentation des prix en raison du conflit en Ukraine. Bien que ces négociations définissent les tarifs durant l'année, elles incluent des clauses de révisions.
Selon Cotillard, les chances d'utiliser ces clauses sont "moins élevées" que lors des tensions précédentes, car il n'y a actuellement pas de hausse significative des coûts de l'électricité ni des matières premières qui poseraient problème, comme le blé.
Toutefois, il prévient que si le conflit international perdure, "des décisions politiques devront être envisagées, bien que pas immédiatement. Une évaluation des comptes d'exploitation sera nécessaire en septembre pour les agriculteurs, les transporteurs et les industriels", a-t-il conclu.







