Prisma Media fait face à une tempête économique qui entraîne des mesures drastiques. Selon des sources syndicales, le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en préparation pourrait affecter jusqu'à 261 postes, soit 40% des employés de ce géant de la presse magazine, un chiffre revu à la hausse par rapport aux 240 envisagés en décembre dernier.
Le groupe, qui appartient à Louis Hachette Groupe, subit de plein fouet le déclin des recettes publicitaires, ce qui l'amène à envisager l'arrêt de certains titres et à appliquer des réductions budgétaires dans divers départements. Bien que les publications emblématiques comme Capital, Voici, GEO, et Femme Actuelle ne soient pas menacées de cessation, leur pagination pourrait être allégée, selon des déclarations faites à Le Figaro.
En revanche, des déclinaisons comme GEO Histoire et Femme Actuelle Jeux seront supprimées, avec un nombre croissant de rédacteurs et journalistes parmi les postes touchés. Près de 90 journalistes pourraient perdre leur emploi dans ce cadre, une situation alarmante pour le secteur, déjà affaibli par des précédentes restructurations.
Les coupes les plus marquées toucheront le «pôle grand public», qui rassemble les magazines TV et féminins, avec des pertes estimées à 48 postes. Le pôle «ludique et découverte» pourrait également voir la suppression de 38 postes, tandis que le pôle économique englobant Capital a déjà souffert de précédentes vagues de licenciements.
Parallèlement à ces changements, la direction du groupe s'engage à mettre en place des mécanismes destinés à minimiser le nombre de licenciements, notamment en proposant des départs volontaires. Dans le cadre de cette réorganisation, la direction n'a pas souhaité s'exprimer pour le moment.
Prisma Media, fondé par le groupe allemand Bertelsmann, a déjà perdu une part significative de ses effectifs depuis son acquisition par Vivendi. Un changement de propriétaire qui a mené à des départs massifs, illustré par la clause de cession qui a généré près de 180 licenciements. Depuis, plusieurs plans de restructuration ont été mis en place, dont un plan l'an passé touchant une cinquantaine de postes.
Dirigé par Arnaud Lagardère et ses associés depuis septembre, le groupe a enregistré pour l'année 2025 une chute de 9% de son chiffre d'affaires, atteignant 266 millions d'euros. En dépit des efforts pour maintenir la rentabilité, la direction attribue cette mauvaise performance à l'effritement de la diffusion de plusieurs titres et aux évolutions des comportements du public envers le contenu digital.
Lors d'une réunion à venir avec les représentants syndicaux, ces derniers pourraient demander une repensée du périmètre du PSE, souhaitant éviter que ces coupes mettent en péril la viabilité à long terme de l'entreprise. Une assemblée générale des employés est prévue ce lundi, marquant une étape cruciale dans cette période tumultueuse pour le groupe.







