Face à la colère grandissante des agriculteurs et des transporteurs, le gouvernement a suggéré lundi une possible prolongation des aides pour compenser l'envolée des prix des carburants. Cependant, cette annonce n'a pas réussi à apaiser les transporteurs, déterminés à poursuivre leur mobilisation tout au long de la semaine.
Les représentants des transporteurs, des agriculteurs et des pêcheurs estiment que le plan gouvernemental de 70 millions d'euros, dévoilé vendredi, reste largement insuffisant. Une aide de 50 millions d'euros destinée aux entreprises en difficulté est prévue en avril, ce qui correspond à une compensation de 20 centimes par litre de carburant.
"La mobilisation continue", a affirmé une porte-parole de l'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) lors d'une opération escargot sur le périphérique parisien.
Cette initiative a vu plusieurs dizaines de camions et de cars de tourisme circuler calmement sur le périphérique depuis la porte de Vincennes, vraisemblablement pour perturber le trafic sur deux voies sur quatre.
L'Otre prévoit d'autres opérations dans plusieurs régions cette semaine, notamment dans le Lot-et-Garonne, l'Aveyron, et à Toulouse. Une manifestation est également prévue mardi dans la Marne, menée par la Fédération nationale des Transporteurs (FNTR).
"Il nous faudrait 50 centimes pour ne pas risquer des faillites, car travailler à perte n'est plus viable", a déclaré Sarah Bahezre, trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants et gérante d'Ulysse Cars, à l'AFP.
Eric Menu, un conducteur de camions pour la société Idelot, participant à l'opération escargot, a exprimé son découragement : "L'État semble nous laisser tomber. Après 36 ans, on se demande s’il faut continuer. Je ne sais pas."
Pour tenter d'apaiser la situation, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué sur Europe 1 et CNews que les aides pourraient être reconduites en mai et juin si la crise perdure.
Du côté des agriculteurs, le président de la FNSEA, très mécontent du plan d'aide, a récemment rencontré le Premier ministre. Arnaud Rousseau a demandé un soutien supplémentaire, tandis que Sébastien Lecornu s'est montré ouvert à des renforcements si la guerre en Ukraine devait continuer.
Les agriculteurs bénéficieront en avril d'une exonération de la taxe sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, un coût d'environ 14 millions d'euros pour une baisse de quatre centimes par litre.
"Nous demandons clairement 30 centimes du litre", a affirmé M. Rousseau, considérant la hausse des prix du GNR et des engrais comme insoutenable alors que les exploitants sont en période de travaux agricoles.
Pour sa part, le gouvernement anticipe une légère augmentation des prix des carburants. Les données citées par l'AFP montrent que le gazole s'échangeait à une moyenne de 2,23 euros par litre.
Cependant, le gouvernement n'envisage pas de réduire les taxes sur les carburants, qui représentent entre 50 et 55% du prix à la pompe. "Des mesures générales engendreraient des coûts considérables sans résultats probants, nous préférons cibler ceux qui ont le plus besoin d’aide", a justifié le ministre de l'Économie, Roland Lescure, lors du salon Global Industries.







