Dans une affaire qui interpelle les consciences, une femme de 61 ans, cadre dans un important groupe et directrice de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en région parisienne, a été jugée pour traite d'être humain. En 2021, elle avait recruté une aide pour s'occuper de son père âgé et de sa compagne dans leur appartement à Biarritz.
Malgré un contrat stipulant 5 heures de travail quotidien, la réalité était bien plus sombre pour cette femme originaire du Mali, qui se voyait contrainte d'être disponible à toute heure, sans jours de repos, prenant même le relais de l'infirmière lors de ses absences. Son avocat a dénoncé ces conditions de travail comme relevant de "l'esclavage moderne". Ce tableau tragique a été révélé en 2024 grâce à un signalement à l'Inspection du travail.
Cette aide à domicile devait recevoir près de 132 000 euros durant son contrat, mais n'a perçu que 40 000 euros, souvent avec des retards significatifs. Devant le tribunal de Bayonne, la cadre a admis qu'elle était consciente du statut d'immigration de son employée, mais croyait à tort qu'elle avait le droit de travailler. Elle a également affirmé ne pas avoir compris l’ampleur des souffrances qu'elle endurait.
Lors de son audience, elle a clarifié son engagement dans des actions sociales, notamment auprès des femmes en grande précarité, soulignant son implication dans le milieu associatif. Pourtant, la gravité des accusations pèse lourd sur ses épaules, car elle pourrait faire face à deux ans de prison avec sursis et un versement de 10 000 euros de dommages à l'ex-employée.
Si la traite d'être humain est confirmée, cette ancienne aide bénéficierait automatiquement d'un titre de séjour en France de 10 ans. Le verdict de cette affaire qui soulève des questions éthiques et sociales sera connu le 18 juin.
Pour plus d'informations, consultez l'article du Ici Pays Basque.







