Le tribunal de Dijon a entamé ce jeudi 23 avril un procès délicat impliquant sept individus, accusés de trafic de stupéfiants dans la métropole dijonnaise. Cette affaire, qui se déroule sur deux jours, a débuté par une présentation des faits et des interrogatoires des prévenus. Bien que plusieurs aient refusé de témoigner, quelques uns ont choisi de s'exprimer.
Les prévenus, âgés de 25 à 38 ans, sont majoritairement des hommes, à l'exception d'une femme. La première journée a vu les avocats de la défense demander le report de l'audience, en raison de l'absence de temps pour traiter un dossier volumineux de plus de 2 800 cotes. L'un des avocats a révélé : "Nous nous sommes rencontrés dix minutes avant le début du procès", soulignant ainsi l'urgence de la situation. Toutefois, la présidente du tribunal a décidé de poursuivre l’audience.
Un autre point de tension a émergé concernant la présentation des prévenus en garde à vue, dont l'escorte judiciaire est restée cagoulée. "Pour les citoyens présents, cela pourrait donner l'impression que nos clients sont des criminels de guerre. Ce n'est pas un tribunal contre le terrorisme", a déclaré Maître Pierre-Henri Billard, l'un des avocats.
Les enchaînements judiciaires remontent à juin 2023, lorsque des soupçons de trafic de drogue ont été signalés sur rue Ronde par la police municipale de Quetigny. L’enquête a révélé un réseau organisé autour de Mehdi Ouarti, 38 ans, considéré comme le chef d’orchestre de l'opération. Les enquêteurs ont découvert qu'il gérait des points de vente à Quetigny et à la Fontaine d’Ouche, où des substances variées, telles que cocaïne, héroïne et cannabis, étaient stockées. Des armes ont également été saisies dans plusieurs lieux, dont une kalachnikov cachée dans un carton d'aspirateur.
Ce qui intrigue dans cette affaire est l’ingéniosité de l’organisation, qui utilise des canaux de communication comme Telegram pour faciliter les transactions. Les clients peuvent passer commande, vérifier les stocks et même profiter de programmes de fidélité, une approche qui rappelle les stratégies marketing des grandes entreprises du CAC 40. La présidente a même qualifié cela de "marketing de stupéfiants", impressionnant par son professionnalisme.
Un silence ombrageux au tribunal
Si la plupart des prévenus choisissent de garder le silence, ceux qui acceptent de répondre témoignent, tout en niant souvent l'accusation. Mehdi Ouarti, malgré les preuves accablantes qui incluent des conversations enregistrées détaillant des transactions illicites, cherche à minimiser son rôle, en attribuant ses soucis à des conditions de détention difficiles : "Ce sont des fouilles incessantes et des privations". De plus, il exprime sa souffrance face à la séparation avec sa famille, une position qui n’a pas manqué de susciter les critiques du procureur : "Il aurait dû y penser avant de se livrer à ces activités illégales".
Parmi les sept prévenus, quatre sont écroués pour des infractions liées au trafic, tandis que les autres font face à des accusations de détention illégale d’armes ou de blanchiment d'argent, entraînant des peines potentielles variant entre 10 et 20 ans de réclusion, selon les avocats. Le procès, marqué par des tensions et des révélations saisissantes, s'achèvera ce vendredi, laissant de nombreuses questions en suspens pour l’avenir de ces prévenus.







