Ce mardi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon se penche sur la troisième demande de remise en liberté de Frédéric Péchier. Ancien anesthésiste, il a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné trente patients, dont douze ont perdu la vie. Évoquant son souhait de préparer au mieux sa défense en vue d'un procès en appel prévu pour 2027, Péchier a demandé à pouvoir sortir de prison.
Lors de l'audience, il était présent par visioconférence depuis la maison d'arrêt de Besançon. Son état a suscité des préoccupations, ayant perdu plus de vingt kilos depuis sa condamnation. "La seule présence de mes enfants deux heures par semaine me permet de tenir", a-t-il expliqué, évoquant son isolement qui rend difficile sa préparation.
Un appel pour retrouver la liberté
Maître Emmanuelle Franck, son avocate, défend la position selon laquelle Péchier remplit les conditions requises pour être libéré. Elle argue qu'il n’existe aucun risque de suicide ou de fuite, soulignant qu'il a toujours respecté les obligations de son contrôle judiciaire durant l’investigation. Les interventions passées de l’ex-anesthésiste sur des témoins ne seraient pas des preuves suffisantes pour justifier sa détention actuelle.
La résistance des victimes face à la libération
Les avocats représentant les victimes ont un avis diamétralement opposé. Maître Berna, qui défend les intérêts des parties civiles, souligne que des entorses au contrôle judiciaire avaient déjà été détectées durant l'instruction. Il estime qu'une libération enverrait un signal dévastateur aux victimes, dont certaines ont fait le déplacement pour l’audience afin d’y exprimer leur mécontentement.
Florimond Baugey, qui a perdu sa mère à cause des agissements de Péchier, n'hésite pas à affirmer : "Le deuil, c'est aussi une perpétuité. On ne va pas le laisser à nouveau jouer de la seringue d'or", faisant référence à la façon dont l'ancien anesthésiste aurait abusé de sa position.
Des risques soulignés par la justice
Lors de cette audience cruciale, l'avocate générale a mis en avant les risques persistants que représente Péchier pour l'ordre public. Elle rappelle des faits passés d'intimidation de témoins, prouvés par des écoutes téléphoniques, ce qui contribue à un climat de peur et d'anxiété parmi les victimes et leurs familles. La décision finale de la cour d'appel de Lyon sera rendue le 23 juin, et les enjeux entourant cette affaire continuent d’alimenter les débats au sein de la société française.







