Ce dimanche, les Colombiens se rendent aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle, qui déterminera non seulement le futur du pays, mais aussi l'orientation politique à venir. Dans un contexte de résurgence de la violence, un avocat antisystème et un proche du premier gouvernement de gauche de la Colombie s'affrontent pour le pouvoir.
Les électeurs devront choisir entre Abelardo de la Espriella, un homme d'affaires novice en politique bénéficiant du soutien de l'ancien président américain Donald Trump, et Ivan Cepeda, sénateur de gauche étiqueté proche de l'administration sortante de Gustavo Petro.
M. Petro, qui ne peut pas se représenter en raison d'une clause constitutionnelle, quitte ses fonctions avec une popularité notable, surtout parmi les classes populaires. Son mandat a été marqué par des progrès en matière de réduction de la pauvreté et d'amélioration du chômage dans un pays au cœur des inégalités.
Cependant, ses détracteurs critiquent sa politique de "paix totale", qui vise à démobiliser les groupes armés, estimant qu'elle a causé une prolifération des organisations criminelles et aggravé la violence, marquée par de nombreux assassinats de leaders communautaires et des attaques contre les forces de l'ordre au cours des derniers mois.
"Je souhaite simplement que le prochain dirigeant montre plus de fermeté, car l’insécurité grandit chaque jour", a déclaré Ariel Jamaica, un militaire à la retraite, à l'AFP.
- Polarisation -
Abelardo De la Espriella se positionne comme le candidat du dur, incarnant le rejet des politiques de Gustavo Petro et promettant de contrer les guérillas ainsi que le narcotrafic. Au premier tour, il a créé la surprise en devançant Ivan Cepeda, qui a fait de la défense des droits humains et du maintien de la paix son cheval de bataille.
La campagne s'est vue profondément marquée par les opinions sur l'administration Petro, comme l’a souligné Sergio Guzman, directeur du cabinet de conseil Colombia Risk Analysis.
Le second tour est alors perçu comme un véritable référendum sur la direction politique prise par la première administration de gauche dans l'histoire colombienne, alors que plusieurs pays d'Amérique latine prennent un virage à droite.
Ivan Cepeda, héritier d'une tragédie familiale liée aux violences politiques, s'engage à poursuivre les réformes sociales engagées par l'actuel gouvernement, bien qu'il ait tempéré certaines de ses positions suite au premier tour.
De l'autre côté, Abelardo de la Espriella met en avant sa promesse d'une "fermeté pour la patrie", tout en s’alignant à des dirigeants controversés tels que Nayib Bukele et Donald Trump. Son programme inclut la construction de méga-prisons et des interventions militaires contre les narcotrafiquants.
"Je défendrez la Colombie avec raison ou par la force", a déclaré ce candidat qui ne cache pas ses liens avec des figures controversées.
Les relations avec les États-Unis, allié historique de la Colombie, sont également au cœur des débats, avec un soutien affirmé de Donald Trump à De la Espriella, tandis que Cepeda avertit que le pays n'acceptera pas de devenir une "colonie" américaine.
Les choix qui seront faits ce dimanche pourraient changer le paysage politique et social de la Colombie pour des années à venir.







