La justice française reprend son souffle sur les circonstances mystérieuses entourant le décès de Robert Boulin, ancien ministre du Travail, retrouvé mort dans un étang en 1979. Lundi, le tribunal judiciaire de Nanterre a annoncé la désignation de trois juges d'instruction du pôle "cold cases" pour approfondir l'enquête sur cette affaire non résolue. Ces magistrats sont désormais chargés de reprendre l'instruction et de mener de nouvelles investigations rapidement.
Initialement, le dossier avait été traité à Versailles avant qu'une décision de dessaisissement soit prononcée le 28 avril. Le parquet de Nanterre a sollicité l'intervention de ce pôle spécialisé dans les meurtres non élucidés pour enquêter sur les circonstances entourant la mort de Boulin, qui englobent des questions d'enlèvement, de séquestration et d'assassinat.
Une famille en quête de vérité
Le 30 octobre 1979, le corps de Boulin, gaulliste historique, a été découvert dans un étang de Rambouillet, alors qu'il était ministre du Travail sous le gouvernement de Raymond Barre. Sa famille, réclamant justice, défend l'hypothèse d'un assassinat politique, alimentée par un contexte politique troublé à l'époque où plusieurs ministres avaient trouvé la mort.
Alors que les autorités avaient d'abord conclu à un suicide par noyade lié à des barbituriques, cette version a été contestée par la famille. Fabienne Boulin-Burgeat, sa fille, souligne que son père était perçu comme un candidat potentiel à la primature, cherchant à représenter une alternative à l’ultracapitalisme. Cette nouvelle dynamique judiciaire pourrait permettre d'éclaircir les zones d'ombre encore présentes dans cette affaire complexe, comme le fait remarquer Le Monde dans son analyse récente.







