Le 29 juin dernier, à Montpellier, les magistrats se sont rassemblés dans le hall du tribunal judiciaire, mettant en lumière leurs revendications face aux récents événements liés à l'affaire Lyhanna et à un manque de ressources persistent. Ce mouvement fait écho à une journée de protestation que les avocats menaient contre une réforme de la justice criminelle initiée par le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Nathalie Isaia, déléguée régionale adjointe de l’Union syndicale des magistrats (USM), a souligné l’absence de moyens humains et techniques, une problématique dénoncée depuis des années par les professionnels du droit : « Nous faisons face à une pression accrue et à une myriade de priorités imposées par les autorités. Tout est considéré comme prioritaire, mais dans la réalité, ce n’est pas tenable ».
Délai de traitement : les mauvais chiffres s’aggravent
Récemment, le tribunal judiciaire de Montpellier a connu une activité intense, avec un afflux de quatorze personnes à déferrer, entraînant des journées de travail s’étendant de 9h30 jusqu'à 1h du matin. Isaia a décrit cette situation comme une conséquence de l'« inflation législative », qui détourne les magistrats de leur mission fondamentale. Ce problème se trouve également exacerbé par des réformes récentes, comme celle sur l’isolement hospitalier, qui impose un traitement accéléré des dossiers de détention.
Vers une justice équitable
« Notre seul objectif est de défendre une justice capable de protéger les victimes », a déclaré l’USM dans un communiqué. Le contexte particulier de l’affaire Lyhanna a accentué les tensions, suscitant des critiques envers les magistrats qui, selon l'USM, sont souvent injustement tenus responsables. Cette mobilisation vise à œuvrer pour une justice responsable, où toute faute doit être traitée dans les voies légales appropriées, sans jugement médiatique préalable.
Le syndicat rappelle que derrière chaque dossier en attente, il y a des victimes et des familles qui vivent dans l’anxiété et l’incertitude. « Derrière chaque audience retardée, il y a une vie humaine en pause », insiste l’USM, soulignant l’urgence d’agir pour rétablir la capacité opérationnelle du système judiciaire. Ce cri d'alerte a trouvé un écho dans plusieurs sources médiatiques à travers la France, illustrant une préoccupation partagée par la communauté judiciaire. Les magistrats estiment qu’investir dans des moyens adéquats est essentiel pour garantir l’accès à la justice pour tous.







