« C’est une histoire à dormir debout », se lamente Éliane. En 2012, alors âgée de 91 ans, elle a signé quatre chèques, vidant ses économies pour un total de presque 400 000 euros au profit d'un conseiller en patrimoine promettant des rendements fabuleux.
Ses attentes vis-à-vis de l'investissement étaient démesurées, et l'homme, nommé Yves W., a su manipuler sa confiance, arguant que la société détentrice du célèbre Casino de Paris pourrait rapidement créer de la valeur et atteindre 200 millions d'euros dans les années à venir. Cependant, la réalité s'est révélée bien différente.
Yves W. semblait en parfaite maîtrise de son discours, multipliant les visites au domicile d'Éliane et insistant pour qu'elle transfère ses économies permettant la vente fictive d'actions. La vérité a éclaté lorsque, face aux promesses non tenues, Éliane et sa famille ont décidé de porter plainte. « Nous avons découvert qu'il n'était pas le seul à avoir arnaqué de cette manière. C'est insoutenable ! », déclare sa fille, visiblement choquée par la manipulation subie.
Malgré les délais et la lenteur du processus judiciaire, les enquêteurs ont confirmé l'existence d'un système de Ponzi, mettant en lumière 18 victimes d'Yves W., dont les fonds collectés n'ont en réalité jamais été investis comme promis.
L'avocat d'Éliane, Me Olivier Couleau, se désole : « Comment un homme peut-il signer des chèques à une vieille dame de 91 ans sans se rendre compte de sa vulnérabilité ? »
Le juge d’instruction en charge de l'affaire n'a toujours pas rendu son ordonnance. Des mois d'attente se profilent encore, alors qu'Éliane espère enfin recevoir justice. La question des délais de la justice, déjà débattue dans le milieu, est mise en avant par cette affaire. « Cela doit cesser », conclut vigoureusement son avocat.
En attendant, l'avocat d'Yves W. n'a pas souhaité faire de commentaires.







