Le parquet du travail brésilien a récemment secouru une sexagénaire, retrouvée dans un foyer à Fortaleza, témoignant d'une vie de souffrances. Isolée du monde et sans amis, elle a passé 55 ans à travailler comme femme de ménage pour la même famille, selon les informations rapportées par El País.
« Elle vivait dans une sorte de prison. Elle avait peur de sortir, craignant la violence extérieure. Nourrie et logée, elle croyait être rémunérée pour son travail », a déclaré Maria Neuzeli, procureure spécialisée dans la lutte contre l’esclavage domestique.
Isolée, elle doit rester dans la famille
Âgée de seulement 7 ans à ses débuts, la femme a été exploitée par trois générations de cette famille, comprenant des retraités et des professionnels de divers secteurs. Incapable de lire et d'écrire, elle n'avait pas de compte bancaire et toutes ses interactions se limitaient à sa famille d'employeurs. Selon les autorités, des efforts sont en cours pour retrouver ses proches, qu'elle n'a jamais contactés.
La famille, quant à elle, dément les accusations et affirme que la relation avec cette femme était fondée sur l'affection. Leur avocat précise : « Ces allégations ne reflètent pas notre histoire commune ». Malgré cela, ils ont accepté de verser à la victime une indemnité de 34 500 euros, y compris un appartement de 26 000 euros.
Luciano Aragão Santos, procureur coordonnateur pour l’éradication du travail forcé, a souligné la complexité de ces libérations : « Les victimes sont souvent coupées de leur autonomie et privées de ressources essentielles comme l'éducation et les soins de santé. Leur réinsertion exige un effort significatif pour reconstruire une vie autonome et digne. »
Le chemin vers la liberté de cette femme est donc semé d'embûches, mais son histoire pourrait contribuer à sensibiliser le public à l'importance de protéger les droits de tous les travailleurs.







