Les Casques bleus sont pris entre deux feux. En pleine intensification des tensions régionales, notamment entre les États-Unis, Israël et l'Iran, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) se retrouve, depuis mars, au cœur d'un conflit ouvert entre l'armée israélienne et le Hezbollah.
La Finul, composée de 74 pays, a récemment déploré la perte tragique de trois soldats, tous originaires d'Indonésie, lors d'incidents survenus près de la frontière avec Israël. Un rapport de l'ONU indique qu'un tir israélien aurait été à l'origine de la première incident, suivie par une explosion qui a emporté les deux autres soldats.
António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a condamné ces attaques, qualifiées de graves violations des lois internationales. La France, un des principaux contributeurs militaires, a plaidé pour une réunion d'urgence du Conseil de sécurité afin de garantir la protection des forces de la Finul.
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a exprimé son indignation face aux violences. "Les attaques près des positions des Casques bleus sont inacceptables et injustifiables" a-t-il déclaré, appelant à un respect total du mandat de la Finul et à la libre circulation de ses membres.
Missions en péril
Depuis son déploiement en 1978, la Finul a pour mission de garantir la paix dans le sud du Liban, d’Israël à la ligne Bleue qui délimite la frontière. Selon le politologue Antoine Basbous, la force n'a jamais réussi à instaurer une paix durable. Les conflits continuent de jalonner son histoire, avec des affrontements réguliers.
La Finul, initialement destinée à veiller au retrait des troupes israéliennes et à aider le Liban à restaurer son autorité, semble de plus en plus un "témoin gênant", incapable d'influer sur les hostilités. La situation a empiré depuis 2023, selon Karim Emile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient. Les actions israéliennes, souvent qualifiées d'indiscriminées, sont de plus en plus freins par la présence internationale.
Des tir d'artillerie israélien vis-à-vis de positions de l'ONU ont été rapportés, renforçant le sentiment d'impuissance observé au sein de la Finul. Les soldats reconnaîssent que leur sécurité est compromise, les forçant à se retrancher dans leurs bases et à ne plus effectuer de patrouilles.
Makdisi, expert en politique internationale, évoque une pression de plus en plus forte sur les Casques bleus, qui ne reçoivent pas de soutien suffisant de la part des États membres pour leur mission. Plus de 1 300 civils ont été tués au Liban dans les attaques israéliennes, les forces de l'ONU se trouvent ainsi en première ligne d'une crise humanitaire.
Face à ces événements, le Conseil de sécurité de l’ONU envisage de renouveler le mandat de la Finul pour une dernière année, avec une potentielle évacuation programmée d'ici fin 2026. Les experts s'accordent à dire que la Finul, si elle ne reçoit pas un soutien politique accru, ne pourra pas remplir son rôle et restera un vestige d’un système onusien en déclin.







