Le climat de la liberté de la presse en Russie subit un nouveau coup dur avec la récente perquisition dans les bureaux de Novaïa Gazeta. Ce jeudi 9 avril 2026, des agents de sécurité ont fait irruption dans les locaux de ce média, comme l'a rapporté le journal sur ses réseaux sociaux.
« Aux alentours de midi » (09h00 GMT), des agents « masqués » sont entrés dans la rédaction. Novaïa Gazeta a déclaré ne pas connaître les raisons de cette opération et a indiqué que les avocats du personnel étaient interdits d’accès. De nombreux employés se trouvaient sur place lors de la perquisition.
Des locaux sous contrôle
Sur place, un journaliste de l’AFP a remarqué la présence de deux véhicules du Comité d’enquête russe, organisme en charge des enquêtes au sein du pays. Cette situation souligne la pression croissante exercée sur les médias indépendants.
Novaïa Gazeta, qui fait partie des rares voix critiques en Russie, est souvent en ligne de mire des autorités. Ses enquêtes sur les violations des droits de l'homme ont mis en danger plusieurs de ses journalistes. Le média a notamment été reconnu pour son engagement dans le traitement des violations des droits humains en Tchétchénie, un sujet qui a déjà coûté la vie à plusieurs de ses membres.
Un engagement risqué
Parmi ces journalistes, Anna Politkovskaïa, abattue en octobre 2006 dans son immeuble à Moscou, fait figure de symbole. Le rédacteur en chef Dmitri Mouratov, lauréat du prix Nobel de la paix 2021, a été récompensé pour son rôle dans la défense de la liberté d’expression.
Découvrez notre dossier sur la presseDepuis l'introduction de la censure militaire en février 2022, Novaïa Gazeta a dû suspendre ses parutions imprimées. Toutefois, le média continue d'exister en ligne, cherchant à maintenir son engagement en faveur de la transparence et de la liberté d'expression en dépit des menaces qui pèsent sur lui.







