Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste chez BDO France et professeur d’économie à la Sorbonne, s'est exprimée lors de son intervention sur franceinfo, jeudi 9 avril. Elle évoque l'impact du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran sur les marchés économiques.
France Télévisions : L'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran a suscité de vives réactions sur le marché. Les prix du pétrole ont chuté d'environ 15 %. Pouvons-nous dire qu'un cessez-le-feu permet d'éviter une crise économique majeure ?
Anne-Sophie Alsif : Il serait prématuré de conclure cela. La crise est déjà en cours, comme en témoigne la hausse des taux d'inflation. La question qui se pose est celle de la durée de cette crise. Si elle dure au-delà de mai, les troubles économiques pourraient s'intensifier. L'inquiétude des marchés réside dans le risque que ce conflit, initialement localisé, affecte l'économie mondiale, entraînant un ralentissement significatif.
Il est connu que les marchés réagissent vite, parfois de manière excessive, à des événements géopolitiques. Qu'est-ce qui explique ces fluctuations ?
Le blocage du détroit d'Ormuz touche directement l'Asie, qui connait actuellement une forte croissance. Cette région est indispensable pour l'économie mondiale. Plus que le simple fait d'avoir des pétroliers immobilisés, c'est l'incertitude entourant la situation qui engendre la volatilité des marchés.
Comment la spéculation sur le marché pétrolier est-elle influencée par d'autres secteurs, tels que l'intelligence artificielle ?
La Corée du Sud, principal fabricant de puces, a tiré la sonnette d'alarme très tôt dans le conflit, ce qui montre à quel point l'Asie est essentielle dans la chaîne de production technologique. Malgré des fluctuations, la volonté des distributeurs de faire baisser les prix à la pompe, bien que lente, pourrait se concrétiser une fois que les stocks à prix réduit seront disponibles.
Anne-Sophie Alsif conclut en rappelant que le prix du carburant ne dépend pas uniquement des fluctuations du pétrole brut. Les variations des prix à la pompe prennent en compte une multitude de facteurs, notamment l'acheminement, les taxes et la concurrence.







