Le dépouillement des bulletins de vote de la présidentielle a débuté dimanche soir au Bénin, après une journée électorale marquée par un engagement timide des électeurs. Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, semble en bonne voie pour succéder à Patrice Talon, selon les premières analyses.
Les résultats provisoires devraient être révélés en début de semaine, mais le climat politique laisse peu de place à la surprise.
Patrice Talon, après deux mandats, laisse derrière lui un pays en pleine croissance économique, bien que cela soit terni par la montée des violences jihadistes dans le nord et une érosion des libertés publiques.
Face à Wadagni, soutenu par les deux principales formations de la majorité, Paul Hounkpè semble être un adversaire de circonstance, son influence ayant été limitée tout au long de la campagne, note le quotidien Franceinfo.
Les bureaux de vote ont fermé à 16H00 (15H00 GMT) et le dépouillement a commencé sans incidents majeurs, comme l'a confirmé Sacca Lafia, président de la commission électorale.
Wadagni a voté discrètement dans sa ville natale à Lokossa, tandis que Patrice Talon a été accueilli en héros à Cotonou, promettant de ne pas essayer d'influencer son successeur.
L'affluence a été faible dans les bureaux de vote, avec des participations ne dépassant pas 20% à Porto-Novo, illustrant un désenchantement du corps électoral. "Ce n’est pas comme les autres élections, les gens ne sont pas sortis..." a commenté un délégué de la majorité.
Cette élection révèlera les tensions au sein de la population, nombre de Béninois se sentant déconnectés du processus électoral, notamment après les difficultés du principal parti d'opposition, Les Démocrates, à récolter les parrainages nécessaires.
Une intervenante, Françoise Setondji, a exprimé son désespoir : "Je ne vais pas voter car je ne me reconnais dans aucun candidat, je ne vais pas perdre mon temps".
Les experts, comme Rufin Godjo, soulignent que le mécontentement reste palpable et que le processus électoral actuel pourrait accentuer les tensions existantes.
Le futur président héritera d'un Bénin transformé, avec un PIB doublé en dix ans et une modernisation accrue de l'économie. Cependant, la lutte contre la pauvreté, touchant près de 30% de la population, sera un défi majeur.
Les citoyens aspirent à davantage d'emplois pour les jeunes et à la paix, un besoin urgent alors que le pays est confronté à des violences jihadistes croissantes.
Avec Wadagni à la tête du pays, il dispose de l'appui de l'armée, promettant une continuité dans la gouvernance, même si le défi des libertés publiques demeure une question épineuse après des années de restrictions.







