Alors que de nombreux pays européens renforcent leurs politiques migratoires, l'Espagne se démarque en lançant mardi un vaste programme de régularisation de sans-papiers. Ce plan pourrait bénéficier à près de 500.000 personnes et vise à soutenir l'économie, comme l'a déclaré le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.
« Le Conseil des ministres adoptera aujourd'hui un décret royal qui marque le début d'un processus de régularisation extraordinaire pour les personnes en situation irrégulière dans notre pays », a souligné Sánchez dans une lettre adressée aux Espagnols sur le réseau social X. Cette initiative, annoncée fin janvier, cible particulièrement les migrants d'origine latino-américaine.
« Cette régularisation est avant tout un acte de normalisation. Elle vise à reconnaître la réalité de ceux qui ont déjà un rôle dans notre société », a ajouté le Premier ministre.
Elma Saiz, la porte-parole du gouvernement, a précisé à Cadena Ser que la procédure « débutera cette semaine », avec une première étape en ligne dès jeudi, suivie de rendez-vous en personne à partir du lundi 20, et se terminant le 30 juin.
Pedro Sánchez a justifié cette initiative par une « nécessité » face au vieillissement démographique de l'Espagne et pour renforcer l'économie, actuellement la quatrième d'Europe et dynamique sur le plan de la croissance.
« Nous sommes conscients que les migrations posent des défis. Il serait irresponsable de le nier », a reconnu Sánchez, en soulignant que « la migration est une réalité qui doit être gérée de manière responsable, intégrée avec justice et transformée en prospérité pour tous ».
Il a également rappelé que ce type de régularisation a déjà eu lieu au cours des 40 années de démocratie en Espagne, y compris sous des gouvernements du Parti populaire, visant ainsi l’opposition de droite qui conteste cette mesure, notamment le parti d'extrême droite Vox.
Le gouvernement espagnol, qui prône une politique d'accueil, se distingue ainsi dans l'Union européenne, en opposition aux mesures de restriction adoptées par d'autres pays membres.
Pour faciliter la mise en œuvre de son plan, l'exécutif de Pedro Sánchez instaurera un « décret royal », une procédure prévue par la Constitution permettant de contourner le vote parlementaire, où il ne détient pas de majorité.
Cette réforme réglementaire fait suite à une initiative populaire soutenue par plus de 600.000 signatures et près de 900 associations, qui demandaient la régularisation exceptionnelle de tous les immigrants en situation irrégulière en Espagne.
L'Espagne, l'une des trois principales portes d'entrée de l'immigration en Europe avec l'Italie et la Grèce, continue d'accueillir des milliers de personnes, souvent via son archipel des Canaries, situé au large de la côte nord-africaine.







