Avec la récente annonce d'une trêve décrétée par le président américain Donald Trump, Amani Aatrash, 37 ans, se précipite pour traverser le pont de Qasmiyeh, récemment réparé après des attaques israéliennes, afin de rejoindre le sud du Liban. "Nous avons quitté notre village juste avant le début du cessez-le-feu pour être parmi les premiers à revenir", raconte-t-elle, alors qu'une longue file de voitures attend pour entrer dans la région de Tyr. Sa famille avait fui Abbassieh, un village proche, pour se mettre en sécurité dans le nord du pays.
Face à l'espoir de retourner chez eux, nombreux sont ceux qui ont quitté le sud du Liban, une zone qui a subi des bombardements incessants depuis un mois et demi, faisant près de 2 200 morts. Le désir de retrouver leur terre est palpable, malgré les risques restants. Amani exprime une fierté mêlée de crainte en ces termes : "Nous voulons vivre en paix sur notre terre, et les soldats israéliens doivent partir".
Le retour vers les zones frontalières
Dès l'aube, des files impossibles à estimer se forment au niveau du pont de Qasmiyeh, qui enjambe le fleuve Litani. L'armée israélienne a pourtant exhorté les civilisés à éviter le retour sur cette rive au motif d'une occupation militaire persistante. Les bombardements de dernière minute ont causé des dommages au pont, et trois bulldozers y travaillent sous l'égide de l'armée libanaise. Assez rapidement, les véhicules, accompagnés de claxons et de drapeaux jaunes du Hezbollah, se mettent en marche alors que le pont est rouvert.
Devant ce barrage, des citoyens font état du désespoir qui les a poussés à fuir. Beaucoup doutent de l'état de leurs maisons. "Lorsque nous avons quitté, cela nous a pris seize heures pour arriver à Beyrouth", se souvient Ghufran Hamza, attendant avec son fils. "Peu importe le temps d'attente ; nous voulons juste retrouver notre maison, même si je dois y planter une tente", ajoute-t-elle, déterminée à retourner chez elle.
Des conditions de vie précaires
Tandis que des civils se débattent avec ces défis, d'autres, comme Mohammad Abou Raya, 35 ans, expriment leur souhait de ne plus jamais être déplacés. "Nous sommes victorieux, même face au danger”, déclare-t-il, ému de retrouver son village. Pourtant, la présence continue des forces israéliennes est une source d'anxiété.

Des Libanaises constatent les dégâts en rentrant dans leur quartier après la trêve.
À 77 ans, Tamer Abdelatif Hamza ne cache pas sa colère. "Nous ne voulons plus être considérés comme les ennemis d'Israël", dit-il, résigné après 50 jours d'exode. Son souhait d'un retour pacifique est terni par la mémoire de la destruction de son village, comme beaucoup d'autres.







