Depuis son accession au pouvoir, Giorgia Meloni, figure montante de la droite européenne, a récemment subi un coup dur lors du référendum sur la réforme de la justice, qui a eu lieu les 22 et 23 mars. Ce scrutin, bien que précaire, a révélé un certain scepticisme des Italiens envers les propositions de la présidente du Conseil visant à rendre leur système judiciaire plus impartial. Malgré l'ampleur de son échec, elle peut cependant réjouir ses partisans avec des avancées significatives en matière de législation migratoire.
Le référendum visait notamment à introduire des mesures telles que le tirage au sort pour les membres du Conseil supérieur de la magistrature et la séparation des carrières des procureurs et des juges, afin disent ses partisans, de « dépolitiser » un système perçu comme manipulé par des juges favorables à gauche. Le rejet de ces propositions, par 53,24 % des votants contre 46,76 %, pourrait fragiliser l’image de Meloni, pourtant considérée comme la leader incontestée de la droite italienne.
Comme l’a précisé le politologue Lorenzo Castellani, de l’université Luiss Guido-Carli, cet échec est symptomatique d’une aversion historique des Italiens envers les modifications constitutionnelles : « Ils craignent d’être instrumentalisés. » Toutefois, Meloni a déclaré qu’elle respectait le choix des électeurs et réaffirme son engagement à poursuivre son mandat. Selon un sondage YouTrend, 54 % des Italiens restent favorables à ses réformes.
Il est à noter que 55 % des électeurs ont participé au référendum, incluant un nombre significatif de jeunes de 18 à 28 ans qui se sont prononcés majoritairement contre la réforme, en partie par opposition à la politique étrangère de Meloni jugée trop favorable aux États-Unis et à Israël, comme l’explique le journaliste Sebastiano Caputo.
Cette défaite pourrait avoir des répercussions sur ses ambitions politiques, suggérant une possible division au sein des électeurs du centre droit. Les jeunes électeurs, en particulier, utilisent ces occasions pour exprimer des frustrations vis-à-vis des autorités en place.
En réaction à cet échec, Meloni a pris des mesures pour se distancer de figures controversées de son gouvernement, dont des ministres impliqués dans des affaires judiciaires. Son objectif actuel est de préparer le budget pour 2027, prévu pour être moins favorable aux ménages, du fait du manque de fonds européens disponibles. L’incertitude économique, exacerbée par les conflits internationaux, complique la tâche de son équipe.
Son ambition d'introduire un système présidentiel direct semble également compromise, nécessitant probablement un second mandat pour convaincre les électeurs. Néanmoins, sur la scène européenne, Meloni parvient à consolider son influence en matière de politique migratoire. Le 26 mars, un texte renforçant les lois sur l'immigration, inspiré des propositions de son groupe, le Conservateurs et réformistes européens, a été adopté au Parlement de Strasbourg, consolidant son statut de leader sur ce sujet.







