Malgré un cessez-le-feu précaire qui prend fin dans quelques jours, de nombreuses familles libanaises retournent temporairement à leur domicile. Yasser et sa famille, par exemple, ont fait le trajet vers leur village de Deir Qanoun El Ain, sans savoir dans quel état ils retrouveraient leur maison laissée à l'abandon depuis le début du conflit. "J'ai la chair de poule à chaque fois que j'arrive ici", confie Yasser à un correspondant de BFMTV.
En effet, leur communauté est marquée par les ordres d'évacuation émis par l'armée israélienne, un triste souvenir des heures sombres de la guerre. Les blessures laissées par les conflits sont visibles : des vitres brisées et des débris dans chaque coin témoignent de la violence des attaques. "J'étais heureuse de revenir, même pour si peu de temps", confie Maria, la fille aînée de Yasser. "Mais c'est difficile de se retrouver dans une maison ravagée."
Un retour teinté de tragédie
Comme eux, de nombreux habitants vivent cette expérience, confrontés à des destructions dues aux frappes israéliennes. L'anxiété est palpable, car la trêve a une date d'expiration, et la menace des drones israéliens qui survolent leurs têtes rappelle cruellement la réalité de la guerre. Yasser, toujours inquiet, déclare : "La paix ne semble pas proche, nous sommes habitués à vivre ainsi depuis des décennies." Il évoque une histoire personnelle tragique, celle d’un départ en 1978, soulignant que le présent est peu différent de l'histoire.
La peur d'une reprise des hostilités
À Tyr, ville clé du Hezbollah, le sentiment d'insécurité est tout aussi présent. Yamina, vendeuse de vêtements, ne cache pas son pessimisme : "Cette guerre n’aura pas de fin. C'est insupportable de quitter ce que nous aimons, cette ville." Son témoignage illustre le déchirement que ressentent tous ceux qui sont contraints de fuir leur foyer.
"On aime Tyr, mais nous n'avons pas d'autre choix que de partir dans l'urgence. C'est tellement douloureux."
Beaucoup de Libanais s'organisent pour quitter le sud où la menace des bombardements reste constante, même alors que le Hezbollah incite les civils à se déplacer pour éviter de gêner leurs opérations militaires. Aujourd'hui, le bilan tragique s’élève à 2 387 morts et un million de déplacés depuis mars à cause de ce conflit prolongé.







