Les disparitions forcées au Mexique représentent une « plaie ouverte », un enjeu majeur pour les autorités, a déclaré Volker Türk, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Selon lui, il est crucial de créer des mécanismes d'enquête plus efficaces et de renforcer les sanctions. Plus de 130.000 personnes sont officiellement portées disparues dans le pays, principalement à cause des violences engendrées par le trafic de drogue au cours des deux dernières décennies.
« Les disparitions restent l'un des défis les plus graves et les plus douloureux en matière de droits humains au Mexique... Elles provoquent une souffrance inimaginable et prolongée pour les familles », a souligné Türk lors d'un point de presse à l'issue de sa visite de quatre jours. Le diplomate a échangé avec plusieurs autorités, notamment la présidente Claudia Sheinbaum, ainsi que des familles de disparus et des groupes de défense des droits humains.
Sa visite fait suite à un rapport d'experts de l'ONU publié début avril, critiquant la gestion de la situation par le Mexique. Bien que contesté par Sheinbaum, le rapport appelle à des actions concrètes pour « prévenir, enquêter, sanctionner et éradiquer » le phénomène des disparitions.
Türk a insisté sur le fait que bien que le Mexique dispose d'un cadre juridique prometteur, il est impératif de renforcer les « mécanismes de recherche, les procédures d'identification médico-légale, ainsi que les capacités d'enquête pour faire face à cette crise ». Il a exprimé son désespoir face à la situation de familles cherchant des proches disparus depuis des décennies : « La douleur est toujours là... c'est une plaie ouverte, il reste beaucoup à faire pour la refermer ».
Des critiques ont éclaté de la part de ceux qui ont perdu des proches, comme María Teresa Valadez, qui cherche son frère disparu en 2015. « J'aurais aimé que le Haut-Commissaire puisse voir la réalité sur le terrain », a-t-elle déclaré à l'AFP. Valadez a fait le voyage depuis le nord du pays pour participer à des recherches à Mexico, où plus de 1000 petits fragments d'os ont récemment été découverts.
Pour sa part, Claudia Sheinbaum a dénoncé les conclusions des experts de l'ONU, qui se basent sur des événements survenus entre 2009 et 2017, ignorants les efforts qu'elle affirme avoir fournis depuis l'arrivée au pouvoir de son gouvernement en 2018. Elle a plaidé pour un « engagement national dépassant les partis pris politiques » et a insisté : « Cet effort ne doit pas être politisé, mais placer les victimes au cœur des préoccupations ».







