Ce samedi, pour la première fois, Donald Trump se retrouve à la table d'honneur du dîner traditionnel organisé par l'association des correspondants à la Maison-Blanche (WHCA). Plutôt que de convier un humoriste, l'événement fera la part belle à un magicien mentaliste, Oz Pearlman, ce qui rompt avec la coutume des années précédentes.
Depuis son retour au pouvoir, Trump a multiplié les attaques contre la presse, tant sur le plan verbal que juridique. Le paysage médiatique américain est également influencé par de nouveaux acteurs, avec le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance, dont les propriétaires, proches de Trump, sont des figures de son administration. Parmi les invités de la soirée, des noms controversés comme le chef du Pentagone, Pete Hegseth, et le conseiller, Stephen Miller, seront également présents.
L'accès des médias traditionnels a été restreint, au profit de commentateurs proches de la philosophie MAGA, suscitant des inquiétudes au sein de la profession. Cette invitation à Trump, qui n'a pas caché son aversion pour les journalistes, provoque des remous, notamment une lettre ouverte signée par de nombreux professionnels de la presse appelant à défendre la tradition d'un journalisme libre et indépendant, selon des reportages du New York Times.
Auparavant, Trump avait évité de participer à cet événement depuis son accession à la présidence, qualifiant les journalistes de «ennemis du peuple». Sa porte-parole a promis un discours «très divertissant» de la part du républicain âgé de 79 ans lors de la soirée prévue.
Robert Rowland, professeur en communication à l’université du Kansas, prévoit que Trump tentera d’«exprimer ses griefs» face à la presse, traduisant ainsi son sentiment d'impunité.
Ce gala, souvent considéré comme une célébration de la liberté de la presse, est parfois critiqué pour sa proximité avec les cercles de pouvoir. The Atlantic a souligné que l'événement, traditionnellement jugé comme «gênant», est particulièrement «embarrassant» cette année. De nombreux grands médias, dont le New York Times, ont choisi d'en faire un sujet d'actualité sans y assister.
Précédemment, les présidents participaient généralement en écoutant les blagues d'un humoriste. Trump, quant à lui, semble plus enclin à défendre son image que de rire de celle-ci. Ce dîner aura lieu sous haute surveillance médiatique, alors qu'il s’avère qu'il était la cible idéale pour les critiques acerbes de son prédécesseur, Barack Obama, lors d'éditions antérieures.
Obama, un orateur reconnu, avait su ironiser sur les théories conspirationnistes de Trump et son penchant pour l'autopromotion. L'ancien président avait même agrémenté son discours d'une image humoristique de la Maison-Blanche sous l'enseigne de la marque Trump, soulignant ainsi l'impact du milliardaire sur la perception de la fonction présidentielle.







