Le Togo, ancienne colonie française, se rapproche peu à peu de la Russie, réduisant ainsi le rôle de la France dans la région. Lors d'une visite officielle rare, Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, a voulu nuancer l'impact de Moscou en Afrique, en affirmant que les contributions russes au développement du continent sont sans « aucune comparaison » avec celles de la France et de l'Union européenne. Ce constat a été fait à Lomé, à l'issue de discussions avec les autorités togolaises.
Cette première visite officielle d'un ministre français depuis une décennie souligne l'importance des liens historiques entre la France et le Togo, alors que ce pays, traditionnel allié de Paris, semble pencher vers une nouvelle ère de coopération. Barrot a affirmé qu'il s'agissait d'« une anomalie », évoquant l'absence prolongée de visites de haut niveau. « Il n'y a aucune comparaison entre notre apport et celui de la Russie », a-t-il insisté, en précisant que ce rapprochement ne doit pas occulter les efforts français pour soutenir les pays africains.
Le ministre a par ailleurs mis en avant les diverses facettes des relations franco-africaines : investissements, échanges commerciaux et accueil des étudiants africains dans les universités françaises. Un message fort alors que la France redéfinit ses stratégies en Afrique, notamment en matière de sécurité. Barrot a exprimé les préoccupations communes concernant la dégradation de la situation sécuritaire dans le Sahel, qui s'accompagne d'une recrudescence du terrorisme, un enjeu fondamental partagé avec les pays voisins.
Le Sahel, déjà miné par les violences des groupes jihadistes, voit ces tensions s’étendre vers le Togo, ce qui reste préoccupant après le retrait des troupes françaises, exigé par les gouvernements militaires de la région. La France, tout en cherchant à maintenir son influence, doit faire face à un contexte géopolitique complexe où la Russie tente de se positionner comme un partenaire alternatif.







