Les marges brutes des distributeurs de carburants en France ont connu une forte augmentation depuis l'escalade du conflit au Moyen-Orient. Alors que le gouvernement assurait qu'aucune "hausse indue" n'avait été constatée, les derniers rapports montrent que ces marges peuvent atteindre jusqu'à 50 centimes par litre de gazole dans des enseignes comme TotalEnergies et Carrefour. Cette situation suscite des inquiétudes au sein de l'exécutif.
D'après un document du gouvernement dévoilé par Franceinfo, les marges brutes des distributeurs sont supérieures à celles d'avant le début du conflit. Il s'agit d'une révélation qui contredit les déclarations de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui avait affirmé sur BFMTV qu'aucune "hausse indue" n'avait été observée.
Des marges qui dépassent 50 centimes par litre
Ce rapport, demandé par le Premier ministre aux services de Bercy, indique qu'en janvier, la marge brute moyenne était de 30 centimes par litre. Toutefois, depuis le début du conflit, elle a bondi. Actuellement, les marges brutes sur le gazole atteignent environ 34 centimes par litre, se maintenant au-dessus des niveaux d'avant-guerre. Certains distributeurs enregistrent même des marges atteignant 39, 43, voire plus de 50 centimes par litre. On retrouve parmi eux des enseignes comme TotalEnergies, ENI, Esso, et même Carrefour Market.
Ces marges doivent couvrir l'ensemble des coûts opérationnels du pompiste, incluant le transport, les salaires du personnel, et l'entretien des installations. Il est essentiel de ne pas les confondre avec la marge nette, qui est ce qui reste réellement après la déduction de tous les coûts.
"Des faits inadmissibles"
La hausse des marges, en dépit de la chute des prix du pétrole sur le marché mondial, crée une tension au sein du gouvernement. Un conseiller a qualifié ces données de "faits inadmissibles", indiquant que cela pourrait refléter une volonté de la part des distributeurs de ne pas répercuter sur les consommateurs la baisse des prix du pétrole.
Sébastien Lecornu, visiblement agacé par la lenteur de la baisse des prix, a exprimé son mécontentement lors de réunions internes, tandis que le Premier ministre a clairement fait part de son exaspération lors d'une déclaration à Marseille : "Quand cela augmente globalement, il faut que cela se ressente à la pompe, et quand cela diminue, il doit en être de même".
Au milieu de cette controverse, le gouvernement a proposé, mi-avril, de mettre en place un décret limitant les marges des distributeurs, une suggestion qui a provoqué l'ire de ceux-ci, comme l’a rapporté BFM.







