Le 29 avril dernier, les États membres de l'Union européenne ont voté un accord révolutionnaire stipulant que les allocations chômage seront désormais versées par le pays de résidence des travailleurs « actifs ». Une mesure qui, selon les estimations, pourrait permettre à la France d'économiser près d'un milliard d'euros.
Ce changement significatif a été voté lors d'une réunion des États membres, comme l'indique Le Parisien. Désormais, les travailleurs qui cotisent dans un autre pays percevront leurs allocations chômage de ce pays pendant 22 semaines consécutives. Cela vise à améliorer la rapidité et la fiabilité des demandes d'indemnisation, qui sont souvent compliquées par le système en vigueur depuis 2004.
Actuellement, les allocations chômage sont versées par le pays de résidence, ce qui a engendré des disparités entre les cotisations et les indemnités. La nouvelle démarche vise à rectifier ces inégalités.
Un déficit alarmant pour la France : 860 millions d'euros en 2024
Cette réforme pourrait générer des économies substantielles pour la France, qui a déjà dépensé 1,1 milliard d'euros en allocations chômage en 2024, une hausse de 11 % par rapport à 2023. Les pays voisins comme le Luxembourg, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et la Suisse contribuent faiblement, avec des indemnités allant de 270 millions d'euros en 2024 sur un total de 860 millions de déficit selon l'Unédic.
Une grande part de ce déficit provient des travailleurs français en Suisse, qui représentent à eux seuls 614 millions d'euros. En effet, la Suisse compte 27 500 allocataires, leur permettant de bénéficier d'une allocation moyenne de 2 123 euros, bien plus élevée que les 1 000 euros perçus par les 2,7 millions d'allocataires en France.
Néanmoins, pour voir une réelle diminution de ce déficit, la France devra convaincre ses voisins, notamment la Suisse, de s'inscrire dans cette nouvelle dynamique. Les enjeux économiques en jeu sont trop importants pour qu'un tel changement ne soit pas envisagé sérieusement.







