La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, située dans le Haut-Rhin et à l'arrêt depuis le 30 juin 2020, illustre à merveille la difficulté du gouvernement français à élaborer une stratégie énergétique à long terme. Dans un contexte où l'Europe est confrontée à des crises énergétiques récurrentes, François Lenglet évoque une réalité inquiétante : "nous n'avons jamais réellement désiré abandonner le pétrole".
La décision de fermer cette centrale remonte à 2012, sous la présidence de François Hollande, qui souhaitait attirer le soutien des Verts opposés au nucléaire. Emmanuel Macron a maintenu ce cap, motivé par des considérations politiques similaires, avant de finalement adopter une posture pro-nucléaire.
Le démantèlement de Fessenheim représente une facture colossale pour le pays, estimée à plusieurs milliards d'euros. Paradoxalement, en l'absence de cette source d’énergie - qui produisait 11 TWh - le gouvernement doit non seulement financer sa démolition, mais également compenser l'énergie manquante. En conséquence, ce sont les contribuables qui font les frais de cette décision.
Les implications financières sur la stratégie énergétique
Aujourd'hui, la question demeure : la France a-t-elle recouvré une vision de long terme en matière énergétique ? Emmanuel Macron avait promis, lors de son discours de Belfort, le développement de six nouveaux réacteurs EPR2. Cependant, les modalités de financement de ce projet demeurent floues et font l'objet de considérables ajustements. La Cour des comptes a même alerté sur des coûts qui pourraient frôler les 100 milliards d'euros.
La décision finale d'investissement d’EDF peine à se concrétiser, attendant l'aval de la Commission européenne concernant les aides d'État. Dans ce climat d'incertitude, il semble crucial que la France redéfinisse son approche énergétique, prenant en compte les besoins futurs sans faire payer le prix aux contribuables.







