La Californie, bastion traditionnel de la gauche américaine, pourrait connaître un retournement de situation en élisant un nouveau gouverneur républicain, un événement rarissime depuis le départ d'Arnold Schwarzenegger. Alors qu'un débat prévu mardi soir sur CNN met en lumière un grand nombre de candidats démocrates, ce scénario, autrefois impensable, ne semble plus si éloigné.
La campagne pour les primaires se déploie dans le Golden State. Contrairement à d’autres États du pays, la Californie n'organise pas de primaires strictement partisanes : les candidats, qu’ils soient de droite ou de gauche, se retrouvent sur la même ligne de départ, et ceux récoltant le plus de voix le 2 juin s'affronteront lors des élections générales en novembre.
Cette fois-ci, la gauche ne présente pas de leader incontesté pour succéder au démocrate Gavin Newsom, qui a atteint les limites de ses mandats et aspire maintenant à la présidence. En conséquence, CNN a rassemblé cinq candidats démocrates pour le débat à venir.
Dans un contexte aussi éclaté, les candidats républicains Steve Hilton et Chad Bianco espèrent créer un choc politique en se qualifiant tous les deux pour la phase suivante. "Ce sera lui et moi en novembre", a déclaré Bianco, shérif du comté de Riverside, lors d'un débat antérieur.
Hilton, ancien conseiller de l'ex-Premier ministre britannique David Cameron, intervient fréquemment sur Fox News et bénéficie du soutien de Donald Trump.
- Californiens en quête de changement -
Les deux hommes mettent en avant les "politiques échouées" des démocrates qui, depuis le départ d'Arnold Schwarzenegger en 2011, dirigent l'État sans partage.
Malgré le fait que la Californie soit la quatrième plus grande économie mondiale et le berceau de la Silicon Valley, de nombreux Californiens se montrent mécontents. Un récent sondage révèle des préoccupations croissantes concernant le coût de la vie, avec l'essence la plus chère des États-Unis, en partie à cause des politiques environnementales des démocrates, et des prix immobiliers insoutenables.
Le nombre alarmant de sans-abris à Los Angeles et San Francisco frustre également la population, d'autant que la gauche a investi des millions dans des initiatives sans réaliser de progrès significatifs.
Sara Sadhwani, politologue à l'université Pomona, souligne : "Lorsque l'opinion publique se retourne, le parti au pouvoir en prend généralement pour son grade." Cependant, elle tempère en notant que le fait qu'aucun démocrate ne se qualifie pour le scrutin de novembre pourrait sembler excessif, compte tenu du fait qu'un quart des électeurs n'ont pas encore défini leur choix.
Elle ajoute que dans cet État traditionnellement dominé par les démocrates, cette masse d'indécis pourrait plutôt renforcer les votes en faveur des candidats de gauche. De plus, le désenchantement envers Donald Trump et le camp républicain est palpable à travers le pays, en grande partie en raison de la hausse des prix de l'essence consécutive à ses choix en politique étrangère.
- Une compétition serrée -
La grande question demeure : qui parviendra à tirer son épingle du jeu, alors que les candidats démocrates proposent tous des programmes similaires - visant à rendre le logement plus abordable, à améliorer le système d’assurance santé et à s'opposer à Trump ? Actuellement, trois d'entre eux se battent pour se distinguer face aux deux candidats républicains.
Tom Steyer, un investisseur milliardaire déterminé à taxer les plus riches, est le candidat qui mène dans les sondages. Dans une récente interview, il a résolument évité de demander aux plus petits candidats de se retirer de la course, affirmant que "ce serait profondément arrogant de ma part".
Derrière lui, l'ancien ministre de la Santé de Joe Biden, Xavier Becerra, connaît une bonne dynamique en mettant en avant son expérience gouvernementale, tandis que Katie Porter, qui se présente comme la voix du peuple sans capitaux privés, espère également tirer son épingle du jeu.
Mardi soir, ce trio devra faire face au maire de San Jose, Matt Mahan, et à l'ancien maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, tous deux affichant moins de 5% d'intentions de vote selon les derniers sondages.
Cette situation limite les possibilités de se démarquer, comme l’a montré le récent débat sur CBS qui a souvent dérivé en cacophonie. "C'est pire que mes adolescents à table", a regretté Katie Porter, alors que plusieurs candidats s'exprimaient simultanément.







