Flavie Flament a courageusement dénoncé les viols dont elle a été victime, d'abord de la part du photographe David Hamilton à l'âge de 13 ans, puis du chanteur Patrick Bruel à 16 ans. Ce témoignage met en lumière un phénomène bien réel : celui de la "revictimisation". RTL examine ce cruel parcours des femmes souvent confrontées à plusieurs agressions sexuelles.
Dans les cas d'agressions sexuelles, la "revictimisation" se manifeste fréquemment. Ce terme désigne la tendance des femmes ayant déjà été victimes de viols à subir de nouvelles violences. Flavie Flament, en partageant ses expériences traumatisantes, a souligné que son passé d'agression avait amplifié sa vulnérabilité face à Bruel. "Le risque d'être violée un jour est de l'avoir déjà été. Après un viol, on se sent affaibli, muselé par la honte et repérable pour d'autres agresseurs," a-t-elle expliqué, commentant les cicatrices invisibles laissées par ces traumatismes.
Pour mieux comprendre ce phénomène, RTL a interviewé Maître Carine Durrieu Diebolt, avocate spécialisée dans l'accompagnement des victimes de violences sexuelles. Dans son expérience, elle observe ce schéma récurrent d’agressions successives. "C'est une réalité alarmante. Les victimes, souvent déjà marquées par une première violence, peuvent devenir des cibles plus exposées à d'autres violences," précise-t-elle.
Un facteur aggravant pour d'autres violences sexuelles
Des études de l'Organisation mondiale de la Santé révèlent que le fait d'avoir subi des violences sexuelles constitue un facteur de risque accru pour d'autres agressions, multipliant ce risque par quatre, particulièrement lorsque l'agression se produit durant l'enfance. Au sein de son cabinet, Maître Durrieu Diebolt entend souvent ses clientes rapporter un sentiment de déshumanisation, de mort intérieure, les rendant ainsi plus accessibles aux agresseurs.
Ces signes de vulnérabilité, comme l'explique un psychiatre, sont souvent détectables par les prédateurs. Ce dernier souligne que les agresseurs développent une capacité à identifier ces comportements dissociatifs chez leurs victimes, leur permettant d'agir en toute impunité.
Dans les couloirs des tribunaux, la question de la revictimisation est généralement utilisée pour discréditer les témoignages des victimes. Comme le souligne Maître Durrieu Diebolt, cela revient à perpétuer le mythe de la "victime parfaite", souvent perçue comme une femme asexuée n'ayant jamais connu d'autres violences. Une vision qui renforce la stigmatisation et la souffrance des survivantes.
"Pour reprendre des forces, il est vraiment nécessaire que ces victimes soient accompagnées psychologiquement"
Isabelle Rome, ancienne magistrate spécialisée dans les violences faites aux femmes
Un soutien psychologique est crucial pour aider à briser le cycle de la revictimisation. Isabelle Rome, qui a œuvré auprès de nombreuses victimes, souligne que l'accompagnement médical est essentiel. "Il ne s’agit pas de considérer cela comme une fatalité, mais de permettre aux victimes de se reconstruire et de survivre," insiste-t-elle.
La justice joue également un rôle fondamental dans cette quête de résilience. Les spécialistes s'accordent à dire que le fait de pouvoir parler de son traumatisme peut être une étape clé pour les survivantes, les aidant à passer de l'état de victime à celui d'individu rétabli, fort et vivant.







