Les efforts pour mettre un terme au conflit entre les États-Unis et l'Iran s'intensifient, notamment grâce à la visite à Téhéran d'un haut responsable militaire pakistanais, qui joue un rôle clé dans les négociations. Cette démarche survient alors que Donald Trump a récemment souligné que la situation était "sur le fil", se situant entre l'établissement d'un accord et la reprise des hostilités.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a annoncé que des avancées avaient été réalisées, affirmant : "Je crois que les Pakistanais arriveront à Téhéran aujourd'hui. Espérons que cela incitera les choses à progresser". Le général Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise, est attendu en Iran pour continuer les discussions avec les responsables locaux, selon l'agence Isna.
Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation. Récemment, le ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a effectué deux visites à Téhéran, contestant des propositions américaines que l'Iran examine actuellement.
Néanmoins, la République islamique maintient ses exigences, notamment le dégel de ses avoirs à l'étranger et la levée du blocus imposé par Washington. En outre, elle a réitéré son refus de céder "à l'intimidation".
Les Gardiens de la Révolution ont d'ailleurs averti qu'ils étaient capables d'étendre le conflit "bien au-delà de la région", ajoutant à l’urgence des discussions.
Depuis la proclamation d'une trêve précaire le 8 avril, les pourparlers stagnent. Une seule session de négociations s'est tenue sans succès au Pakistan, et actuellement, les discussions se déroulent en secret.
Le conflit, déclenché par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, a déjà causé de lourdes pertes humaines, particulièrement en Iran et au Liban, où le Hezbollah a intensifié ses attaques. Un nouvel échange de frappes a par ailleurs causé des dégâts à un hôpital libanais à Tebnine.
Pessimiste mais pragmatique, Trump a déclaré : "Nous avons soit un accord en vue, soit nous adopterons des actions plus sévères". Il a précisé qu'un accord rapide pourrait économiser "énormément de temps, d'énergie et de vies".
Les marchés financiers restent prudents en raison de ces incertitudes, tandis que le prix du pétrole se redresse, le Brent atteignant environ 107 euros le baril. L'Agence internationale de l'énergie se montre inquiète d'un possible déséquilibre d'approvisionnement durant l'été si une solution durable n'est pas trouvée.
Les divergences de position entre Trump et Netanyahu aggravent la situation. Selon des médias américains, leur conversation téléphonique de mardi était marquée par des tensions, le Premier ministre israélien étant déterminé à suivre ses propres intérêts contre l'Iran.
Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'Université de Tel-Aviv, souligne que "pour les États-Unis, l'objectif a toujours été d'empêcher la nucléarisation de l'Iran, même si cela implique un compromis".
Dans un contexte de tensions croissantes, l'administration Biden cherche à résoudre ce conflit impopulaire dont les conséquences affectent gravement l'économie mondiale, notamment en raison du quasi-blocage du détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour le transit du pétrole.
L'Iran a récemment établi une nouvelle autorité pour superviser ce corridor maritime, une démarche qui a suscité des préoccupations internationales. La "PGSA" a également élargi sa zone de contrôle, ce qui a été qualifié de "chimère" par Anwar Gargash, conseiller émirati, sur X.
Les Émirats, de leur côté, annoncent un nouveau plan d'aide financière, enveloppant plus de 350 millions d'euros pour soutenir leurs entreprises, alors que l'impact économique de ce conflit se fait sentir jusqu'en Europe, avec une révision à la baisse des prévisions de croissance pour les 21 pays de la zone euro.







