Conçu en janvier par l'ancien président américain Donald Trump pour superviser la reconstruction de la Gaza, le Conseil de paix traverse d'importantes turbulences financières et juridiques. D'après une enquête récente du Financial Times, aucune des promesses de financement, qui atteignent des montants considérables, n'a été concrétisée. Quatre sources proches du dossier confirment l'absence de toute contribution monétaire à ce jour.
Plutôt que de faire appel à des fonds administrés par la Banque mondiale, le Conseil a mis en place un compte à la JPMorgan pour recevoir des dons. Ce mode de fonctionnement soulève des questions de transparence, car, comme le souligne le Financial Times, «aucun dispositif de transparence indépendant n'est en place».
Le Conseil de paix a été pensé pour agir dans un contexte délicat, alors même qu'Israël et le Hamas sont liés par un cessez-le-feu. Les États-Unis ont été les garants de cet accord en octobre dernier, mais l'ambition de Trump de créer une plateforme pour le dialogue semble être compromise. Notons que l'accès à un siège permanent dans ce conseil s'élève à la rondelette somme d'un milliard de dollars. Toutefois, de nombreuses grandes nations européennes se montrent sceptiques et préfèrent ne pas s'engager, optant pour une approche plus prudente vis-à-vis des propositions américaines.
Récemment, le président indonésien Prabowo Subianto a clairement indiqué qu'aucun financement de ce type ne serait fourni par son pays, un signal qui pourrait en décourager d'autres.
Quant aux petits versements qui ont bien pu exister, ils ne couvrent que des dépenses minimes, comme le bureau du Haut représentant Nikolaï Mladenov. Bien qu'les Émirats Arabes Unis aient promis 100 millions de dollars pour former une nouvelle force de police à Gaza, ces fonds sont actuellement gelés et donc inutilisables.
Enfin, une étude conjointe de l'ONU et de l'Union européenne a révélé que les besoins de reconstruction de Gaza pour la prochaine décennie s'élèvent à 71,4 milliards de dollars (soit 61,3 milliards d'euros). Nikolaï Mladenov a récemment recommandé de ne pas sous-estimer le risque que la situation actuelle, marquée par un cessez-le-feu fragile dans un territoire déjà ravagé, puisse se pérenniser.







